Il turco in Italia

by Gioachino Rossini libretto (French Italian)


Distribution


Selim, turc, basse
Fiorilla, jeune Napolitaine, soprano
Don Geronio, son mari, basse
Narciso, soupirant de Fiorilla, ténor
Prosdocimo, poète, baryton
Zaida, bohémienne, mezzo-soprano
Albazar, turc, ténor



Personaggi

Selim, principe turco che viaggia, un tempo amante di Zaida, e poi invaghito di Fiorilla (basso)
Donna Fiorilla, donna capricciosa, ma onesta (soprano), moglie di
Don Geronio, uomo debole e pauroso (basso)
Don Narciso, cavaliere servente di donna Fiorilla, uomo geloso e sentimentale (tenore)
Prosdocimo, poeta e conoscente di don Geromio (baritono)
Zaida, un tempo schiava e promessa sposa di Selim poi zingara; donna di cuor tenero ed amante (soprano)
Albazar, prima confidente di Selim, poi zingaro seguace ed amico di Zaida (tenore)
Zingare, zingari, turchi, maschere (coro)
Amiche di Fiorilla, zingari, turchi, maschere (comparse)


Sinfonia


PREMIER ACTE

Première scène

Lieu isolé en dehors de Naples. Bord de mer.
D'un côté, une colline, parsemée de villas, qu'on voit
dans le lointain, et de tentes gardées par des bohémiens.

(Un groupe de bohémiens est sur la colline, un autre au
niveau de la scène ; tous s'occupent à diverses
activités.)


LE CHŒUR
Le monde entier est notre patrie
et la crédulité, l'ignorance des autres
nous font vivre et nous prélasser
au sein de l'abondance.

ZAIDA
Ils ont tous la joie au cœur,
je suis la seule à être malheureuse !
J'ai perdu mon amour,
et ne peux le retrouver.

ALBAZAR
Consolez-vous pour une fois ;
amusez-vous un peu avec nous.

ATTO PRIMO

Prima scena

Luogo solitario fuori di Napoli: spiaggia di mare
Colle da un lato sparso di casini di campagna che si
vedono in lontananza, e di tende custodite da zingari.
Da un lato una parte della casa di Don Geronio.

(Una truppa di zingari è sul colle, un altra al piano,
tutti occupati a differenti uffici.)


CORO
Nostra patria è il mondo intero
e nel sen dell'abbondanza
l'altrui credula ignoranza
ci fa vivere e sguazzar.

ZAIDA
Hanno tutti il cor contento;
sol la misera son'io!
Ho perduto l'amor mio,
e nol posso più trovar

ALBAZAR
Consolatevi una volta,
divertitevi con noi.

Allons... courage ! C'est à vous
d'entonner la chanson.
(Le poète entre.)

LE POÈTE
J'ai à faire une pièce comique,
et n'en trouve pas le sujet !
L'un est trop sentimental,
l'autre me semble insipide.

LE CHŒUR
Le monde entier est notre patrie,
et la crédulité, l'ignorance des autres
nous font vivre et nous prélasser
au sein de l'abondance.

LE POÈTE
Comment ! Des bohémiens ! Diable !
De la joie, des chants, de la bonne chère !
Oh ! Quelle belle introduction
cela ferait !

TOUS
Le monde entier est notre patrie, etc.
(Ils s'éloignent en chantant.)


LE POÈTE
Ah ! Si l'arrivée de ces bohémiens
pouvait apporter quelque incident
qui me fournisse une intrigue suffisante
pour une pièce entière !
Je ferais un beau tableau d'après nature.
Il faut laisser égarer ma pensée
sur les caprices de la belle Fiorilla.

Su...coraggio! tocca a voi
la canzone a cominciar.
(Entra il poeta.)

POETA
Ho da fare un dramma buffo
e non trovo l'argomento!
Questo ha troppo sentimento,
quello insipido mi par.

CORO
Nostra patria è il mondo intero
e nel sen dell'abbondanza
l'altrui credula ignoranza
ci fa vivere e sguazzar.

POETA
Come, zingari! per Bacco!
Gioia, canto, colazione!
Oh! che bella introduzione
ci sarebbe da cavar!

TUTTI
Nostra patria, ecc.
(Si allontanano, cantando.)

POETA
Ah! se di questi zingari l'arrivo
potesse preparar qualche accidente.
Che intrigo sufficiente
mi presentasse per un dramma intero!
Un bel quadro farei, tratto dal vero.
Abbandonar bisogna il pensier
sopra i capricci della bella Fiorilla:

Des poètes de toutes races
ont mis en scène
un mari sot et une femme folle.
Voici justement Geronio
qui a la manie de se faire dire la bonne aventure :
je cours vite avertir les bohémiens.
(Le poète monte sur la colline et on le voit montrer aux
bohémiens Geronio, qui entre du côté opposé, en méditant.)


GERONIO
Je suis à la recherche d'une bohémienne
qui sache lire mon avenir dans les astres :
qui me dise en confidence,
si avec le temps, et de la patience,
je pourrai arriver à guérir
la cervelle de ma femme.
Mais la bohémienne que je voudrais
est impossible à trouver,
car la cervelle de ma femme
est faite d'une telle pâte
qu'un devin ne suffirait pas
à percer le secret de sa fabrication.
(Pendant ce temps les bohémiens et les bohémiennes descendent
avec Zaida ; une fois arrivés en bas, ils entourent Geronio.)


LE CHŒUR
Qui veut se faire dire la bonne aventure ?

GERONIO
Voici justement près de moi
une foule de petites bohémiennes.

hanno già messo in scena
dei poeti d'ogni razza,
sciocco marito, ed una moglie pazza.
Ecco appunto Geronio, che ha
la mania di farsi astrologare:
corro i zingari presto ad avvisare.
(Il poeta sale il colle e accenna agli zingari Geronio,
il quale entra da parte opposta.)


GERONIO
Vado in traccia di una zingara
che mi sappia astrologar:
che mi dica in confidenza
se col tempo e la pazienza
il cervello di mia moglie
potrò giungere a sanar.
Ma la zingara ch'io bramo
è impossibile a trovar.
Il cervello di mia moglie
è formato di tal pasta,
che un astrologo non basta
come è fatta ad indagar.
(Intanto scendono gli zingari con Zaida, e giunti al
piano, circondano Geronio.)


CORO
Chi vuol farsi astrologar?

GERONIO
Ecco appunto a me vicino
uno stuol di zingarelle.

LE CHŒUR
Nous lisons dans le destin,
nous lisons dans les étoiles :
qui veut se faire dire la bonne aventure ?

GERONIO
Bohémiennes !...

LE CHŒUR
Votre main.

GERONIO
Attendez...

LE CHŒUR
Vite...

GERONIO
Doucement.

ZAIDA
Vous êtes né...

GERONIO
Oui, mais quel jour ?

ZAIDA
Le soleil était en Capricorne.

GERONIO
Suis-je garçon ou marié ?

ZAIDA
Montrez-moi votre front... Marié.

CORO
Noi leggiamo nel destino,
noi leggiamo nelle stelle:
chi vuol farsi astrologar?

GERONIO
Zingarelle!

CORO
Qua la mano.

GERONIO
Aspettate.

CORO
Presto...

GERONIO
Piano.

ZAIDA
Siete nato...

GERONIO
Sì, in che giorno?

ZAIDA
Era il sol in capricorno.

GERONIO
Son garzone od ammogliato?

ZAIDA
Qua la fronte. Maritato.

GERONIO
Quand ? Comment est-ce que vous le devinez ?

ZAIDA
Sous le signe du Bélier.

ZAIDA et LE CHŒUR
Malheureux !

GERONIO
Qu'est-il arrivé ?

ZAIDA et LE CHŒUR
Quel destin !

GERONIO
Mais parlez donc !

ZAIDA et LE CHŒUR
Le signe du Bélier !

GERONIO
Eh ! enlevez-vous de là !
Eh ! allez-vous en !
Ah ! ma femme, même ces bohémiens de passage
savent qui je suis !
Si tu continues à faire la folle,
c'est le monde entier qui le saura.

ZAIDA et LE CHŒUR
(Quelle constellation fatale !
Le Bélier !... ah! ah! ah !)

GERONIO
Quando? Come vi accorgeste?

ZAIDA
Sotto il segno dell'ariete.

ZAIDA e CORO
Infelice!

GERONIO
Cos'è stato?

ZAIDA e CORO
Che fatal corbellazione!

GERONIO
Quel'è?

ZAIDA e CORO
Il segno del montone!

GERONIO
Eh! levatevi d'intorno!
Eh! toglietevi di qua!
Ah, mia moglie, san chi sono
fino gli zingari di piazza;
se tu segui a far la pazza
tutto il mondo lo saprà.

ZAIDA e CORO
(Che fatal costellazione!
Il montone!...ah, ah, ah!)

GERONIO
Eh ! laissez-moi, drôles !
Eh ! enlevez-vous de là.
(Ils partent. Fiorilla entre, accompagnée de plusieurs
amies, comme au retour d'une promenade.)


FIORILLA
Il n'y a pas de plus grande folie
que d'aimer un seul objet :
le plaisir de chaque jour
ennuie au lieu d'amuser.
L'abeille, la brise, la rivière,
n'aiment pas une seule fleur ;
de caractère et de cœur versatile,
je veux ainsi aimer,
je veux changer ainsi.
Il n'y a pas de plus grande folie
que d'aimer un seul objet :
le plaisir de chaque jour
ennuie au lieu d'amuser.
(Pendant ce temps on verra passer un bateau, lequel
jettera l'ancre après avoir mis un canot à la mer. Celui-
ci s'approche du rivage ; il porte Selim accompagné de
nombreux turcs.)


LE CHŒUR
Vogue, vogue, à terre, à terre.

FIORILLA
Un navire ! Il semble turc.

LE CHŒUR
Des efforts accomplis en mer
nous pourrons ici nous reposer.

GERONIO
Eh! lasciatemi, buffone!
Eh! toglietevi di qua.
(Partono. Entra Fiorilla con varie sue amiche, tornando
da una passeggiata.)


FIORILLA
Non si dà follia maggiore
dell'amare un solo oggetto:
noia arreca, e non diletto
il piacere d'ogni dì.
Sempre un sol fior non amano
l'ape, l'auretta, il rio;
di genio e cor volubile
amar così vogl'io,
voglio cangiar così.
Non si dà follia maggiore
dell'amar un solo oggetto:
noia arreca, e non diletto
il piacer d'ogni dì.
(Intanto si vede passare una nave, la quale gittato in
mare un battello si fermerà sull'ancora. Il battello si
avvicina a terra recando Selim accompagnato da
turchi.)


CORO
Voga, voga, a terra, a terra.

FIORILLA
Un naviglio! Turco pare.

CORO
Dal travaglio avuto in mare
riposar potremo qua.

FIORILLA
Nous allons rester dans un coin
à observer qui abordera.
(Fiorilla se retire ; cependant le canot atteint la rive, et Selim débarque.)

LE CHŒUR
Et le ciel d'Italie
nous fera oublier toute peine.

SELIM
Belle Italie, je te vois enfin.
Je vous salue, rivages amis ;
l'air, la terre, les fleurs et la mer
tout sourit et parle au cœur.
Ah ! tu es l'amour du ciel et de la terre,
belle Italie.
(Cependant Fiorilla aura réapparu avec son groupe d'amies.)

FIORILLA
Quel beau Turc !
Approchons-nous.

SELIM
Que d'aimables demoiselles !

FIORILLA
Les Turcs ne me déplaisent pas non plus.

SELIM
Les Italiennes sont bien belles.

FIORILLA
Il faut que je lui parle.

FIORILLA
In disparte ad osservare
noi starem chi approderà.
(Fiorilla si ritira. Poi approda il battello e sbarca Selim.)

CORO
E scordare il ciel d'Italia
ogni pena ci farà.

SELIM
Bella Italia, alfin ti miro,
vi saluto, amiche sponde;
l'aria, il suolo, i fiori, e l'onde
tutto ride e parla al cor.
Ah! del cielo, della terra
bella Italia sei l'amor.
(Fiorilla si fa vedere colla sua compagnia.)

FIORILLA
Che bel turco!
Avviciniamoci.

SELIM
Quante amabili donzelle!

FIORILLA
Anche i turchi non mi spiacciono.

SELIM
L'italiane son pur belle.

FIORILLA
Vo' parlargli.

SELIM
Il faut que je l'accoste.

FIORILLA et SELIM
Et je veux m'amuser.

FIORILLA
Je suis votre servante.

SELIM
Je suis votre serviteur...

FIORILLA
(Il est très courtois.)

SELIM
(Oh ! l'aimable minois !)
J'ai vraiment beaucoup de chance
de rencontrer un objet si charmant.

FIORILLA
Mais non, c'est moi que le sort favorise
en me faisant rencontrer un grand seigneur
si plein de civilité.

SELIM
(Je suis surpris.)

FIORILLA
(Il est déjà touché.)

SELIM
(Qu'elle est avenante !)

SELIM
Vo' accostarmi.

FIORILLA e SELIM
E mi voglio divertir.

FIORILLA
Serva...

SELIM
Servo...

FIORILLA
(È assai garbato.)

SELIM
(Oh che amabile visetto!)
Son davvero fortunato
d'incontrar sì vago oggetto.

FIORILLA
Anzi è mio tutto il favore
d'incontrare un gran Signore
così pien di civiltà.

SELIM
(Son sorpreso.)

FIORILLA
(È già ferito.)

SELIM
(Che avvenenza!)

FIORILLA
(Il est pris.)

SELIM
Madame : vous me plaisez.

FIORILLA
Ne vous moquez pas de moi...

SELIM
Sincèrement.

FIORILLA
(Je sais bien ce qu'on peut faire
avec un peu de modestie.)

SELIM
(Cette aimable modestie
la fait paraître encore plus charmante.)

FIORILLA
Adieu, Monsieur...

SELIM
Vous partez ?

FIORILLA
Je vais encore un peu me promener.

SELIM
Acceptez-vous que je vienne aussi ?

FIORILLA
C'est trop d'honneur.

FIORILLA
(È nella rete.)

SELIM
Voi signora mi piacete.

FIORILLA
Non mi burli...

SELIM
In verità.

FIORILLA
(Con un poco di modestia
io so ben quel che si fa.)

SELIM
(Quell'amabile modestia
più gentil sembrar la fa.)

FIORILLA
Addio, Signore...

SELIM
Partite?

FIORILLA
Vo' passeggiando un poco.

SELIM
Che venga anch'io gradite?

FIORILLA
È troppo onor.

SELIM
(Quel feu !)

FIORILLA
Ah !

SELIM
Mignonne... vous soupirez ?

FIORILLA
Vous aussi.

SELIM
Moi aussi.

FIORILLA et SELIM
Pourquoi ?

SELIM
Parce que je sens brûler en moi
une flamme inhabituelle.
(Fiorillo lui donne la main,
Selim la serre tendrement.)


FIORILLA et SELIM
Chère main, je te presse sur mon cœur,
je ne veux plus jamais te laisser partir.
(Après tout, ne sont pas si difficiles
à conquérir ces Turcs/femmes.)
(Ils partent. Geronio, Narciso et le poète entrent.)

GERONIO
Mes amis... au secours. Un conseil...
Je suis hors de moi.

SELIM
(Che foco!)

FIORILLA
Ah!

SELIM
Carina! voi sospirate? Ah!

FIORILLA
Voi pure.

SELIM
Anch'io.

FIORILLA e SELIM
Perché?

SELIM
Perché una fiamma insolita
sento che avvampa in me.
(Fiorilla gli porge la mano,
che Selim stringe teneramente.)


FIORILLA e SELIM
Cara mano, al sen ti premo;
non ti voglio più lasciar.
(Non è più così difficile
questi turchi/queste donne a conquistar.)
(Partono; entrano Don Geronio, Narciso ed il poeta.)

GERONIO
Amici...soccorretemi, consigliatemi...
Io son fuori di me.

NARCISO
Pourquoi ? Qu'est-il donc arrivé ?

LE POÈTE
Qu'y a-t-il de nouveau ?

GERONIO
Je viens de voir
ma femme avec un Turc.

LE POÈTE
Un Turc !

NARCISO
(Infidèle !)

GERONIO
Elle l'amène à la maison
boire mon café. Que soient maudits
tous les Turcs de la terre.

LE POÈTE
Il y a là
de quoi se faire grand honneur.

GERONIO
Je ne me soucie pas
d'avoir chez moi
le turban et l'aigrette
de Selim Damelec.

LE POÈTE
(sautant de joie)
Quoi ? Selim ! Vraiment !
L'amant de la bohémienne ! Oh, diable !

NARCISO
Perché? Che avvenne mai?

POETA
Che cosa c'è?

GERONIO
Io in questo punto io vidi
mia moglie con un turco.

POETA
Un turco!

NARCISO
(Infida!)

GERONIO
In casa mia lo guida
a prendere il caffè. Sien maledetti
tutti i turchi del mondo.

POETA
Un punto è questo
da farsi molto onore.

GERONIO
Io non mi curo
d'aver in casa mia
il gemmato turbante
di Selim Damelec.

POETA
(salta per allegrezza)
Che? Selim! Davvero!
L'amante della zingara! Per Bacco!

Cette arrivée imprévue
est un beau coup de théâtre :
la pièce est faite.
Apollon, je te remercie.

NARCISO
Il est fou.

GERONIO
Il est fou.

LE POÈTE
Un mari - abruti !
Une femme - insupportable !
Non, on ne peut rien trouver de mieux.

GERONIO (furieux)
Cher Monsieur, quelle plaisanterie est-ce là ?
Un peu de respect pour moi ; ou je connais quelqu'un
qui vous cassera la figure.

LE POÈTE
Un galant supplanté
par un beau Turc enamouré !
Oh ! quel beau canevas se forme !

NARCISO (indigné)
De qui voulez-vous parler ?
Ne venez pas nous insulter,
ou vous aurez affaire à moi.

LE POÈTE (tantôt à l'un, tantôt à l'autre)
Mais Monsieur, pourquoi vous échauffez-vous ?
Mais Monsieur, pourquoi vous enflammez-vous ?

Questo arrivo improvviso
è un bel colpo di scena...
Il dramma è fatto.
Apollo, ti ringrazio.

NARCISO
È matto.

GERONIO
È matto.

POETA
Un marito-scimunito!
Una sposa-capricciosa!
No: di meglio non si dà.

GERONIO (adirato)
Mio signor, che burla è questa?
Mi rispetti, o che la testa
qualchedun le romperà.

POETA
Un galante supplantato
da un bel turco innamorato!
Oh! che intreccio che si fa!

NARCISO (sdegnato)
Per chi intende di parlare?
Non ci venga ad insultare,
o con me da far l'avrà.

POETA (ora all'uno, ora all'altro)
Ma signor, per chi si scalda?
Ma signor, per chi s'infiamma?

Je veux seulement choisir pour ma pièce
le sujet qui me convient.

GERONIO
Eh bien ! Choisissez un sujet
qui ne s'adapte pas à mes pareils,
et ne maltraite pas les maris
qui savent se faire respecter.

NARCISO
Laissez vivre en paix les galants
et ne vous occupez pas de leurs affaires ;
ou je ferai entrer dans votre pièce
un poète roué de coups.

LE POÈTE
Acte premier,
le mari avec l'ami...
premier tableau,
femme... turc... cris... embrouillaminis...
Non, on ne peut rien trouver de mieux.

GERONIO et NARCISO
Acte premier, premier tableau,
le poète, en punition de ses embrouillaminis,
prendra des coups de bâtons
du mari et de l'ami.



Sceglier voglio per un dramma
l'argomento che mi par.

GERONIO
Scelga pure un argomento
che ai miei pari non s'adatti
e i mariti non maltratti
che san farsi rispettar.

NARCISO
Lasci vivere i galanti,
e non badi al loro stato;
o un poeta bastonato
io farò nel dramma entrar.

POETA
Atto primo -
il marito coll'amico...
Scena prima -
moglie...turco...grida...marito...
No, di meglio non si dà.

GERONIO e NARCISO
Atto primo, scena prima -
il poeta per l'intrico
dal marito e dall'amico
bastonate prenderà.



Deuxième scène

La maison de Geronio. Appartements élégamment meublés.
Sofa, petite table, chaises, etc.
(Entra Fiorilla accompagnée de Selim. Elle donne des
ordres à un domestique, qui sort.)


FIORILLA
Holà : le café, tout de suite.
Asseyez-vous.

SELIM
(s'assoit)
J'admire
la riche décoration de cette pièce ;
mais pour une beauté
pareille à la vôtre il faudrait un temple,
et vous en aurez un magnifique
en Turquie.

FIORILLA
Quelque sérail peut-être ?
Est-il vrai que les Turcs
soient si jaloux ?

SELIM
Ah ! s'ils possédaient
un trésor comme vous,
leur jalousie serait excusable ;
ils vous aimeraient plus
que vous ne pouvez croire.

FIORILLA
Voici le café.

Scena seconda

Appartamento elegantemente ammobiliato in casa di Don Geronio.
Sofà, tavolino, sedie, ecc.
(Fiorilla entra, accompagnata da Selim. Lei dà ordini ad
un servo che parte.)


FIORILLA
Olà, tosto il caffè.
Sedete.

SELIM
(si siede)
Ammiro di questo gabinetto
i ricchi arredi;
ma per sì gran beltà
come la vostra un tempio ci vorria,
e ne avreste un magnifico
in Turchia.

FIORILLA
Qualche serraglio forse?
È ver che i turchi
sono tanto gelosi?

SELIM
Ah! se un tesoro
possedessero eguale,
della lor gelosia sarian scusati;
vi amerebbero più
che non crediate.

FIORILLA
Ecco il caffè.

SELIM
(Je n'en peux plus !)

FIORILLA
(versant le café et l'offrant)
Prenez.

SELIM
(Quelle main délicate !)

FIORILLA
Il y a assez de sucre ?

SELIM
(Quelle élégance dans ses manières !
Quels beaux yeux, et quel feu
y brille !)

FIORILLA
Mais à quoi pensez-vous ?

SELIM
Je pense à Fiorilla.

FIORILLA
(Le Turc est pris.)
Combien de femmes avez-vous aimées ?
Combien voudriez-vous en avoir ?

SELIM
J'en aimai une,
et n'en voulais pas aimer d'autres :
mais près de vous je sens
qu'il me faut bien encore brûler d'amour.
Ah ! si vous acceptez

SELIM
(Non posso più.)

FIORILLA
(versa e porge)
Prendete.

SELIM
(Che mano delicata!)

FIORILLA
Lo zucchero è bastante?

SELIM
(Che maniera elegante!
Che begli occhi, e che foco
in lor scintilla!)

FIORILLA
A che pensate mai?

SELIM
Penso a Fiorilla.

FIORILLA
(Il turco è preso.)
Quante donne amaste?
Quante vorreste averne?

SELIM
Una ne amai.
Né voleva amar più.
Ma presso a voi sento
ch'è forza ancor arder d'amore.
Deh! se gradir l'affetto mio

ce que mon cœur vous offre,
il ne brûlera que pour vous.

FIORILLA
Vous êtes Turc ; je ne vous crois pas ;
vous avec cent femmes autour de vous :
vous les achetez et vous les revendez
quand votre ardeur s'éteint.

SELIM
Ah ! très chère, même en Turquie,
si l'on possède un trésor,
on ne l'échange ni ne le cède,
un Turc aussi sait aimer.
(Entre Don Geronio.)

GERONIO
Nous y voilà... seuls à seuls !
Que me faut-il supporter ?
A-t-on la permission d'entrer ?
Puis-je espérer une telle faveur ?

SELIM
Que prétend cet audacieux ?

FIORILLA
Calmez-vous, c'est mon mari.

SELIM
(se levant d'un bond)
Le mari... arrière... vite...

GERONIO
Comment ?... hélas...
Quelles sont ces manières ?

volete l'unica del mio cor
fiamma sarete.

FIORILLA
Siete turchi, non vi credo:
cento donne intorno avete:
le comprate e le vendete
quando spento è in voi l'ardor.

SELIM
Ah! mia cara, anche in Turchia
se un tesoro si possiede
non si cambia, non si cede,
serba un turco anch'ei l'amor.
(Entra Don Geronio.)

GERONIO
Ecco là, da soli a soli!
Che mi tocca a sopportare?
È permesso? si può entrare?
Sperar posso un tal favor?

SELIM
Che pretende quell'ardito?

FIORILLA
Vi calmate: è mio marito.

SELIM
(balza in piedi e snuda un pugnale)
Il marito...indietro...presto.

GERONIO
Come?...ahimè...
Che tratto è questo?

SELIM
Le mari ! Arrière...

GERONIO
À l'aide !

FIORILLA
Excusez-le : il est venu,
le pauvre, pour vous faire honneur.

SELIM
Je ne m'y fie pas.

GERONIO
Oui, Monsieur.
(Narciso entre mais se tient à part.)

NARCISO
(Ciel, que vois-je ! L'inconstante
est déjà devenue la maîtresse du Turc.)

FIORILLA
Et il vous demande la faveur
de vous baiser...

GERONIO
Oui, Monsieur.

FIORILLA
Votre simarre. Ah, le pauvre !

GERONIO
La simarre, oui, monsieur,
ici, vite !

SELIM
Il marito! indietro...

GERONIO
Aiuto!

FIORILLA
Compatite: è qui venuto,
poverino, a farvi onore.

SELIM
Non mi fido.

GERONIO
Sì, signore.
(Narciso entra e sta in disparte.)

NARCISO
(Cielo, che vedo?) L'incostante
già del turco è fatta amante.)

FIORILLA
E domandavi il favore
di baciarvi...

GERONIO
Sì, signore.

FIORILLA
La zimarra...poverino...

GERONIO
La zimarra, sì signore,
presto, presto, presto qua.

libretto by Felice Romani
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