“Il turco in Italia”
by Gioachino Rossini libretto (French ⇄ Italian)
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Selim, turc, basse Fiorilla, jeune Napolitaine, soprano Don Geronio, son mari, basse Narciso, soupirant de Fiorilla, ténor Prosdocimo, poète, baryton Zaida, bohémienne, mezzo-soprano Albazar, turc, ténor |
Selim, principe turco che viaggia, un tempo amante di Zaida, e poi invaghito di Fiorilla (basso) Donna Fiorilla, donna capricciosa, ma onesta (soprano), moglie di Don Geronio, uomo debole e pauroso (basso) Don Narciso, cavaliere servente di donna Fiorilla, uomo geloso e sentimentale (tenore) Prosdocimo, poeta e conoscente di don Geromio (baritono) Zaida, un tempo schiava e promessa sposa di Selim poi zingara; donna di cuor tenero ed amante (soprano) Albazar, prima confidente di Selim, poi zingaro seguace ed amico di Zaida (tenore) Zingare, zingari, turchi, maschere (coro) Amiche di Fiorilla, zingari, turchi, maschere (comparse) Sinfonia |
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Première scène Lieu isolé en dehors de Naples. Bord de mer. D'un côté, une colline, parsemée de villas, qu'on voit dans le lointain, et de tentes gardées par des bohémiens. (Un groupe de bohémiens est sur la colline, un autre au niveau de la scène ; tous s'occupent à diverses activités.) LE CHŒUR Le monde entier est notre patrie et la crédulité, l'ignorance des autres nous font vivre et nous prélasser au sein de l'abondance. ZAIDA Ils ont tous la joie au cœur, je suis la seule à être malheureuse ! J'ai perdu mon amour, et ne peux le retrouver. ALBAZAR Consolez-vous pour une fois ; amusez-vous un peu avec nous. |
Prima scena Luogo solitario fuori di Napoli: spiaggia di mare Colle da un lato sparso di casini di campagna che si vedono in lontananza, e di tende custodite da zingari. Da un lato una parte della casa di Don Geronio. (Una truppa di zingari è sul colle, un altra al piano, tutti occupati a differenti uffici.) CORO Nostra patria è il mondo intero e nel sen dell'abbondanza l'altrui credula ignoranza ci fa vivere e sguazzar. ZAIDA Hanno tutti il cor contento; sol la misera son'io! Ho perduto l'amor mio, e nol posso più trovar ALBAZAR Consolatevi una volta, divertitevi con noi. |
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Allons... courage ! C'est à vous d'entonner la chanson. (Le poète entre.) LE POÈTE J'ai à faire une pièce comique, et n'en trouve pas le sujet ! L'un est trop sentimental, l'autre me semble insipide. LE CHŒUR Le monde entier est notre patrie, et la crédulité, l'ignorance des autres nous font vivre et nous prélasser au sein de l'abondance. LE POÈTE Comment ! Des bohémiens ! Diable ! De la joie, des chants, de la bonne chère ! Oh ! Quelle belle introduction cela ferait ! TOUS Le monde entier est notre patrie, etc. (Ils s'éloignent en chantant.) LE POÈTE Ah ! Si l'arrivée de ces bohémiens pouvait apporter quelque incident qui me fournisse une intrigue suffisante pour une pièce entière ! Je ferais un beau tableau d'après nature. Il faut laisser égarer ma pensée sur les caprices de la belle Fiorilla. |
Su...coraggio! tocca a voi la canzone a cominciar. (Entra il poeta.) POETA Ho da fare un dramma buffo e non trovo l'argomento! Questo ha troppo sentimento, quello insipido mi par. CORO Nostra patria è il mondo intero e nel sen dell'abbondanza l'altrui credula ignoranza ci fa vivere e sguazzar. POETA Come, zingari! per Bacco! Gioia, canto, colazione! Oh! che bella introduzione ci sarebbe da cavar! TUTTI Nostra patria, ecc. (Si allontanano, cantando.) POETA Ah! se di questi zingari l'arrivo potesse preparar qualche accidente. Che intrigo sufficiente mi presentasse per un dramma intero! Un bel quadro farei, tratto dal vero. Abbandonar bisogna il pensier sopra i capricci della bella Fiorilla: |
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Des poètes de toutes races ont mis en scène un mari sot et une femme folle. Voici justement Geronio qui a la manie de se faire dire la bonne aventure : je cours vite avertir les bohémiens. (Le poète monte sur la colline et on le voit montrer aux bohémiens Geronio, qui entre du côté opposé, en méditant.) GERONIO Je suis à la recherche d'une bohémienne qui sache lire mon avenir dans les astres : qui me dise en confidence, si avec le temps, et de la patience, je pourrai arriver à guérir la cervelle de ma femme. Mais la bohémienne que je voudrais est impossible à trouver, car la cervelle de ma femme est faite d'une telle pâte qu'un devin ne suffirait pas à percer le secret de sa fabrication. (Pendant ce temps les bohémiens et les bohémiennes descendent avec Zaida ; une fois arrivés en bas, ils entourent Geronio.) LE CHŒUR Qui veut se faire dire la bonne aventure ? GERONIO Voici justement près de moi une foule de petites bohémiennes. |
hanno già messo in scena dei poeti d'ogni razza, sciocco marito, ed una moglie pazza. Ecco appunto Geronio, che ha la mania di farsi astrologare: corro i zingari presto ad avvisare. (Il poeta sale il colle e accenna agli zingari Geronio, il quale entra da parte opposta.) GERONIO Vado in traccia di una zingara che mi sappia astrologar: che mi dica in confidenza se col tempo e la pazienza il cervello di mia moglie potrò giungere a sanar. Ma la zingara ch'io bramo è impossibile a trovar. Il cervello di mia moglie è formato di tal pasta, che un astrologo non basta come è fatta ad indagar. (Intanto scendono gli zingari con Zaida, e giunti al piano, circondano Geronio.) CORO Chi vuol farsi astrologar? GERONIO Ecco appunto a me vicino uno stuol di zingarelle. |
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LE CHŒUR Nous lisons dans le destin, nous lisons dans les étoiles : qui veut se faire dire la bonne aventure ? GERONIO Bohémiennes !... LE CHŒUR Votre main. GERONIO Attendez... LE CHŒUR Vite... GERONIO Doucement. ZAIDA Vous êtes né... GERONIO Oui, mais quel jour ? ZAIDA Le soleil était en Capricorne. GERONIO Suis-je garçon ou marié ? ZAIDA Montrez-moi votre front... Marié. |
CORO Noi leggiamo nel destino, noi leggiamo nelle stelle: chi vuol farsi astrologar? GERONIO Zingarelle! CORO Qua la mano. GERONIO Aspettate. CORO Presto... GERONIO Piano. ZAIDA Siete nato... GERONIO Sì, in che giorno? ZAIDA Era il sol in capricorno. GERONIO Son garzone od ammogliato? ZAIDA Qua la fronte. Maritato. |
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GERONIO Quand ? Comment est-ce que vous le devinez ? ZAIDA Sous le signe du Bélier. ZAIDA et LE CHŒUR Malheureux ! GERONIO Qu'est-il arrivé ? ZAIDA et LE CHŒUR Quel destin ! GERONIO Mais parlez donc ! ZAIDA et LE CHŒUR Le signe du Bélier ! GERONIO Eh ! enlevez-vous de là ! Eh ! allez-vous en ! Ah ! ma femme, même ces bohémiens de passage savent qui je suis ! Si tu continues à faire la folle, c'est le monde entier qui le saura. ZAIDA et LE CHŒUR (Quelle constellation fatale ! Le Bélier !... ah! ah! ah !) |
GERONIO Quando? Come vi accorgeste? ZAIDA Sotto il segno dell'ariete. ZAIDA e CORO Infelice! GERONIO Cos'è stato? ZAIDA e CORO Che fatal corbellazione! GERONIO Quel'è? ZAIDA e CORO Il segno del montone! GERONIO Eh! levatevi d'intorno! Eh! toglietevi di qua! Ah, mia moglie, san chi sono fino gli zingari di piazza; se tu segui a far la pazza tutto il mondo lo saprà. ZAIDA e CORO (Che fatal costellazione! Il montone!...ah, ah, ah!) |
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GERONIO Eh ! laissez-moi, drôles ! Eh ! enlevez-vous de là. (Ils partent. Fiorilla entre, accompagnée de plusieurs amies, comme au retour d'une promenade.) FIORILLA Il n'y a pas de plus grande folie que d'aimer un seul objet : le plaisir de chaque jour ennuie au lieu d'amuser. L'abeille, la brise, la rivière, n'aiment pas une seule fleur ; de caractère et de cœur versatile, je veux ainsi aimer, je veux changer ainsi. Il n'y a pas de plus grande folie que d'aimer un seul objet : le plaisir de chaque jour ennuie au lieu d'amuser. (Pendant ce temps on verra passer un bateau, lequel jettera l'ancre après avoir mis un canot à la mer. Celui- ci s'approche du rivage ; il porte Selim accompagné de nombreux turcs.) LE CHŒUR Vogue, vogue, à terre, à terre. FIORILLA Un navire ! Il semble turc. LE CHŒUR Des efforts accomplis en mer nous pourrons ici nous reposer. |
GERONIO Eh! lasciatemi, buffone! Eh! toglietevi di qua. (Partono. Entra Fiorilla con varie sue amiche, tornando da una passeggiata.) FIORILLA Non si dà follia maggiore dell'amare un solo oggetto: noia arreca, e non diletto il piacere d'ogni dì. Sempre un sol fior non amano l'ape, l'auretta, il rio; di genio e cor volubile amar così vogl'io, voglio cangiar così. Non si dà follia maggiore dell'amar un solo oggetto: noia arreca, e non diletto il piacer d'ogni dì. (Intanto si vede passare una nave, la quale gittato in mare un battello si fermerà sull'ancora. Il battello si avvicina a terra recando Selim accompagnato da turchi.) CORO Voga, voga, a terra, a terra. FIORILLA Un naviglio! Turco pare. CORO Dal travaglio avuto in mare riposar potremo qua. |
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FIORILLA Nous allons rester dans un coin à observer qui abordera. (Fiorilla se retire ; cependant le canot atteint la rive, et Selim débarque.) LE CHŒUR Et le ciel d'Italie nous fera oublier toute peine. SELIM Belle Italie, je te vois enfin. Je vous salue, rivages amis ; l'air, la terre, les fleurs et la mer tout sourit et parle au cœur. Ah ! tu es l'amour du ciel et de la terre, belle Italie. (Cependant Fiorilla aura réapparu avec son groupe d'amies.) FIORILLA Quel beau Turc ! Approchons-nous. SELIM Que d'aimables demoiselles ! FIORILLA Les Turcs ne me déplaisent pas non plus. SELIM Les Italiennes sont bien belles. FIORILLA Il faut que je lui parle. |
FIORILLA In disparte ad osservare noi starem chi approderà. (Fiorilla si ritira. Poi approda il battello e sbarca Selim.) CORO E scordare il ciel d'Italia ogni pena ci farà. SELIM Bella Italia, alfin ti miro, vi saluto, amiche sponde; l'aria, il suolo, i fiori, e l'onde tutto ride e parla al cor. Ah! del cielo, della terra bella Italia sei l'amor. (Fiorilla si fa vedere colla sua compagnia.) FIORILLA Che bel turco! Avviciniamoci. SELIM Quante amabili donzelle! FIORILLA Anche i turchi non mi spiacciono. SELIM L'italiane son pur belle. FIORILLA Vo' parlargli. |
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SELIM Il faut que je l'accoste. FIORILLA et SELIM Et je veux m'amuser. FIORILLA Je suis votre servante. SELIM Je suis votre serviteur... FIORILLA (Il est très courtois.) SELIM (Oh ! l'aimable minois !) J'ai vraiment beaucoup de chance de rencontrer un objet si charmant. FIORILLA Mais non, c'est moi que le sort favorise en me faisant rencontrer un grand seigneur si plein de civilité. SELIM (Je suis surpris.) FIORILLA (Il est déjà touché.) SELIM (Qu'elle est avenante !) |
SELIM Vo' accostarmi. FIORILLA e SELIM E mi voglio divertir. FIORILLA Serva... SELIM Servo... FIORILLA (È assai garbato.) SELIM (Oh che amabile visetto!) Son davvero fortunato d'incontrar sì vago oggetto. FIORILLA Anzi è mio tutto il favore d'incontrare un gran Signore così pien di civiltà. SELIM (Son sorpreso.) FIORILLA (È già ferito.) SELIM (Che avvenenza!) |
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FIORILLA (Il est pris.) SELIM Madame : vous me plaisez. FIORILLA Ne vous moquez pas de moi... SELIM Sincèrement. FIORILLA (Je sais bien ce qu'on peut faire avec un peu de modestie.) SELIM (Cette aimable modestie la fait paraître encore plus charmante.) FIORILLA Adieu, Monsieur... SELIM Vous partez ? FIORILLA Je vais encore un peu me promener. SELIM Acceptez-vous que je vienne aussi ? FIORILLA C'est trop d'honneur. |
FIORILLA (È nella rete.) SELIM Voi signora mi piacete. FIORILLA Non mi burli... SELIM In verità. FIORILLA (Con un poco di modestia io so ben quel che si fa.) SELIM (Quell'amabile modestia più gentil sembrar la fa.) FIORILLA Addio, Signore... SELIM Partite? FIORILLA Vo' passeggiando un poco. SELIM Che venga anch'io gradite? FIORILLA È troppo onor. |
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SELIM (Quel feu !) FIORILLA Ah ! SELIM Mignonne... vous soupirez ? FIORILLA Vous aussi. SELIM Moi aussi. FIORILLA et SELIM Pourquoi ? SELIM Parce que je sens brûler en moi une flamme inhabituelle. (Fiorillo lui donne la main, Selim la serre tendrement.) FIORILLA et SELIM Chère main, je te presse sur mon cœur, je ne veux plus jamais te laisser partir. (Après tout, ne sont pas si difficiles à conquérir ces Turcs/femmes.) (Ils partent. Geronio, Narciso et le poète entrent.) GERONIO Mes amis... au secours. Un conseil... Je suis hors de moi. |
SELIM (Che foco!) FIORILLA Ah! SELIM Carina! voi sospirate? Ah! FIORILLA Voi pure. SELIM Anch'io. FIORILLA e SELIM Perché? SELIM Perché una fiamma insolita sento che avvampa in me. (Fiorilla gli porge la mano, che Selim stringe teneramente.) FIORILLA e SELIM Cara mano, al sen ti premo; non ti voglio più lasciar. (Non è più così difficile questi turchi/queste donne a conquistar.) (Partono; entrano Don Geronio, Narciso ed il poeta.) GERONIO Amici...soccorretemi, consigliatemi... Io son fuori di me. |
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NARCISO Pourquoi ? Qu'est-il donc arrivé ? LE POÈTE Qu'y a-t-il de nouveau ? GERONIO Je viens de voir ma femme avec un Turc. LE POÈTE Un Turc ! NARCISO (Infidèle !) GERONIO Elle l'amène à la maison boire mon café. Que soient maudits tous les Turcs de la terre. LE POÈTE Il y a là de quoi se faire grand honneur. GERONIO Je ne me soucie pas d'avoir chez moi le turban et l'aigrette de Selim Damelec. LE POÈTE (sautant de joie) Quoi ? Selim ! Vraiment ! L'amant de la bohémienne ! Oh, diable ! |
NARCISO Perché? Che avvenne mai? POETA Che cosa c'è? GERONIO Io in questo punto io vidi mia moglie con un turco. POETA Un turco! NARCISO (Infida!) GERONIO In casa mia lo guida a prendere il caffè. Sien maledetti tutti i turchi del mondo. POETA Un punto è questo da farsi molto onore. GERONIO Io non mi curo d'aver in casa mia il gemmato turbante di Selim Damelec. POETA (salta per allegrezza) Che? Selim! Davvero! L'amante della zingara! Per Bacco! |
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Cette arrivée imprévue est un beau coup de théâtre : la pièce est faite. Apollon, je te remercie. NARCISO Il est fou. GERONIO Il est fou. LE POÈTE Un mari - abruti ! Une femme - insupportable ! Non, on ne peut rien trouver de mieux. GERONIO (furieux) Cher Monsieur, quelle plaisanterie est-ce là ? Un peu de respect pour moi ; ou je connais quelqu'un qui vous cassera la figure. LE POÈTE Un galant supplanté par un beau Turc enamouré ! Oh ! quel beau canevas se forme ! NARCISO (indigné) De qui voulez-vous parler ? Ne venez pas nous insulter, ou vous aurez affaire à moi. LE POÈTE (tantôt à l'un, tantôt à l'autre) Mais Monsieur, pourquoi vous échauffez-vous ? Mais Monsieur, pourquoi vous enflammez-vous ? |
Questo arrivo improvviso è un bel colpo di scena... Il dramma è fatto. Apollo, ti ringrazio. NARCISO È matto. GERONIO È matto. POETA Un marito-scimunito! Una sposa-capricciosa! No: di meglio non si dà. GERONIO (adirato) Mio signor, che burla è questa? Mi rispetti, o che la testa qualchedun le romperà. POETA Un galante supplantato da un bel turco innamorato! Oh! che intreccio che si fa! NARCISO (sdegnato) Per chi intende di parlare? Non ci venga ad insultare, o con me da far l'avrà. POETA (ora all'uno, ora all'altro) Ma signor, per chi si scalda? Ma signor, per chi s'infiamma? |
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Je veux seulement choisir pour ma pièce le sujet qui me convient. GERONIO Eh bien ! Choisissez un sujet qui ne s'adapte pas à mes pareils, et ne maltraite pas les maris qui savent se faire respecter. NARCISO Laissez vivre en paix les galants et ne vous occupez pas de leurs affaires ; ou je ferai entrer dans votre pièce un poète roué de coups. LE POÈTE Acte premier, le mari avec l'ami... premier tableau, femme... turc... cris... embrouillaminis... Non, on ne peut rien trouver de mieux. GERONIO et NARCISO Acte premier, premier tableau, le poète, en punition de ses embrouillaminis, prendra des coups de bâtons du mari et de l'ami. |
Sceglier voglio per un dramma l'argomento che mi par. GERONIO Scelga pure un argomento che ai miei pari non s'adatti e i mariti non maltratti che san farsi rispettar. NARCISO Lasci vivere i galanti, e non badi al loro stato; o un poeta bastonato io farò nel dramma entrar. POETA Atto primo - il marito coll'amico... Scena prima - moglie...turco...grida...marito... No, di meglio non si dà. GERONIO e NARCISO Atto primo, scena prima - il poeta per l'intrico dal marito e dall'amico bastonate prenderà. |
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Deuxième scène La maison de Geronio. Appartements élégamment meublés. Sofa, petite table, chaises, etc. (Entra Fiorilla accompagnée de Selim. Elle donne des ordres à un domestique, qui sort.) FIORILLA Holà : le café, tout de suite. Asseyez-vous. SELIM (s'assoit) J'admire la riche décoration de cette pièce ; mais pour une beauté pareille à la vôtre il faudrait un temple, et vous en aurez un magnifique en Turquie. FIORILLA Quelque sérail peut-être ? Est-il vrai que les Turcs soient si jaloux ? SELIM Ah ! s'ils possédaient un trésor comme vous, leur jalousie serait excusable ; ils vous aimeraient plus que vous ne pouvez croire. FIORILLA Voici le café. |
Scena seconda Appartamento elegantemente ammobiliato in casa di Don Geronio. Sofà, tavolino, sedie, ecc. (Fiorilla entra, accompagnata da Selim. Lei dà ordini ad un servo che parte.) FIORILLA Olà, tosto il caffè. Sedete. SELIM (si siede) Ammiro di questo gabinetto i ricchi arredi; ma per sì gran beltà come la vostra un tempio ci vorria, e ne avreste un magnifico in Turchia. FIORILLA Qualche serraglio forse? È ver che i turchi sono tanto gelosi? SELIM Ah! se un tesoro possedessero eguale, della lor gelosia sarian scusati; vi amerebbero più che non crediate. FIORILLA Ecco il caffè. |
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SELIM (Je n'en peux plus !) FIORILLA (versant le café et l'offrant) Prenez. SELIM (Quelle main délicate !) FIORILLA Il y a assez de sucre ? SELIM (Quelle élégance dans ses manières ! Quels beaux yeux, et quel feu y brille !) FIORILLA Mais à quoi pensez-vous ? SELIM Je pense à Fiorilla. FIORILLA (Le Turc est pris.) Combien de femmes avez-vous aimées ? Combien voudriez-vous en avoir ? SELIM J'en aimai une, et n'en voulais pas aimer d'autres : mais près de vous je sens qu'il me faut bien encore brûler d'amour. Ah ! si vous acceptez |
SELIM (Non posso più.) FIORILLA (versa e porge) Prendete. SELIM (Che mano delicata!) FIORILLA Lo zucchero è bastante? SELIM (Che maniera elegante! Che begli occhi, e che foco in lor scintilla!) FIORILLA A che pensate mai? SELIM Penso a Fiorilla. FIORILLA (Il turco è preso.) Quante donne amaste? Quante vorreste averne? SELIM Una ne amai. Né voleva amar più. Ma presso a voi sento ch'è forza ancor arder d'amore. Deh! se gradir l'affetto mio |
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ce que mon cœur vous offre, il ne brûlera que pour vous. FIORILLA Vous êtes Turc ; je ne vous crois pas ; vous avec cent femmes autour de vous : vous les achetez et vous les revendez quand votre ardeur s'éteint. SELIM Ah ! très chère, même en Turquie, si l'on possède un trésor, on ne l'échange ni ne le cède, un Turc aussi sait aimer. (Entre Don Geronio.) GERONIO Nous y voilà... seuls à seuls ! Que me faut-il supporter ? A-t-on la permission d'entrer ? Puis-je espérer une telle faveur ? SELIM Que prétend cet audacieux ? FIORILLA Calmez-vous, c'est mon mari. SELIM (se levant d'un bond) Le mari... arrière... vite... GERONIO Comment ?... hélas... Quelles sont ces manières ? |
volete l'unica del mio cor fiamma sarete. FIORILLA Siete turchi, non vi credo: cento donne intorno avete: le comprate e le vendete quando spento è in voi l'ardor. SELIM Ah! mia cara, anche in Turchia se un tesoro si possiede non si cambia, non si cede, serba un turco anch'ei l'amor. (Entra Don Geronio.) GERONIO Ecco là, da soli a soli! Che mi tocca a sopportare? È permesso? si può entrare? Sperar posso un tal favor? SELIM Che pretende quell'ardito? FIORILLA Vi calmate: è mio marito. SELIM (balza in piedi e snuda un pugnale) Il marito...indietro...presto. GERONIO Come?...ahimè... Che tratto è questo? |
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SELIM Le mari ! Arrière... GERONIO À l'aide ! FIORILLA Excusez-le : il est venu, le pauvre, pour vous faire honneur. SELIM Je ne m'y fie pas. GERONIO Oui, Monsieur. (Narciso entre mais se tient à part.) NARCISO (Ciel, que vois-je ! L'inconstante est déjà devenue la maîtresse du Turc.) FIORILLA Et il vous demande la faveur de vous baiser... GERONIO Oui, Monsieur. FIORILLA Votre simarre. Ah, le pauvre ! GERONIO La simarre, oui, monsieur, ici, vite ! |
SELIM Il marito! indietro... GERONIO Aiuto! FIORILLA Compatite: è qui venuto, poverino, a farvi onore. SELIM Non mi fido. GERONIO Sì, signore. (Narciso entra e sta in disparte.) NARCISO (Cielo, che vedo?) L'incostante già del turco è fatta amante.) FIORILLA E domandavi il favore di baciarvi... GERONIO Sì, signore. FIORILLA La zimarra...poverino... GERONIO La zimarra, sì signore, presto, presto, presto qua. |
| libretto by Felice Romani |
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