La traviata

by Giuseppe Verdi libretto (German French)


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Personen

Violetta Valery (Sopran)
Flora Bervoix, Freundin von Violetta (Mezzosopran)
Annina, Dienerin und Vertraute Violettas (Sopran)
Alfredo Germont, Geliebter Violettas (Tenor)
Giorgio Germont, sein Vater (Bariton)
Gastone, Bekannter von Violetta und Alfredo (Tenor)
Barone Douphol, Bekannter Violettas, auch ihr Verehrer (Bariton)
Marchese d'Obigny, Bekannter Violettas (Bass)
Dottore Grenvil, Violettas Arzt (Bass)
Giuseppe, Violettas Diener (Tenor)
Ein Diener Floras (Bass)
Ein Dienstmann (Bass)
Freunde Violettas und Floras, Stierkämpfer, Zigeuner, Maskierte u. a. (Chor)


VORSPIEL

Personnages

Violetta Valéry (soprano)
Flora Bervoix, son amie (mezzo-soprano)
Annina, camériste de Violetta (soprano)
Alfredo Germont (ténor)
Giorgio Germont, son père (baryton)
Gastone, vicomte de Letorières (ténor)
Le baron Duphol, protecteur de Violetta (baryton)
Le marquis d’Obigny, ami de Flora (basse)
Le docteur Grenvil (basse)
Giuseppe, serviteur de Violetta (ténor)
Un domestique de Flora (basse)
Un commissionnaire (basse)
Amis de Violetta et Flora, matadors, picadors, zingarelle, domestiques, masques (chœurs)


PRÉLUDE

ERSTER AKT

Salon in Violettas Haus. Im Hintergrund eine Tür, die in
einen anderen Raum führt; seitlich zwei weitere Türen.
Links ein Kamin mit einem Spiegel über dem
Kaminsims. In der Mitte des Raumes eine sehr große,
reichgedeckte Tafel.

(Violetta sitzt auf einem Sofa und unterhält sich mit
Dr. Grenvil und anderen Freunden. Einige ihrer Freunde
gehen umher und begrüßen verschiedene ankommende
Gäste. Unter ihnen befinden sich der Baron und Flora,
begleitet vom Marquis.)


I. CHOR
Warum kommt Ihr so spät zu
unserem Feste?

II. CHOR
Wir spielten bei Flora
und vergaßen beim Spiele die Zeit.

VIOLETTA (geht und begrüßt sie)
Flora! Ihr Freunde! Laßt uns die letzten Stunden
durch Frohsinn und Freude vertreiben.
Nehmt Euer Glas, stürzt Euch ins Fest.

FLORA, MARQUIS
Und Ihr amüsiert Euch mit uns?

PREMIER ACTE

Salon dans la maison de Violetta. Deux portes latérales
et, au fond, une porte qui conduit à une autre salle. A
gauche, une cheminée surmontée d'une glace. Au
milieu, une table richement dressée.

(Violetta, assise sur un divan, est en conversation avec
le docteur et quelques amis, tandis que d'autres vont
au devant des invités qui arrivent. Parmi eux le Baron
et Flora, au bras du Marquis.)


CHŒUR I
Nous vous attendions plus tôt
Vous êtes en retard...

CHŒUR II
Nous avons joué aux cartes chez Flora
et le temps a passé si vite

VIOLETTA (allant à leur rencontre)
Flora, mes amis, que la fin de la nuit
soit remplie de gaieté car vous êtes ici.
Avec le bon vin la fête est plus allègre...

FLORA, LE MARQUIS
Et vous, pourrez-vous être gaie ?

VIOLETTA
Ja, ich will's;
ich geb mich der Freude hin,
denn sie vertreibt jeden Schmerz.

ALLE
Ja, das Leben bringt Freude und Lust.
(Der Graf Gastone de Letorières tritt ein mit Alfredo
Germont. Diener sind mit der Tafel beschäftigt.)

GASTONE
Euch, meine Freundin, stelle ich vor
Alfredo Germont, der Euch innig verehrt;
nur wenig Freunde kommen ihm gleich.

VIOLETTA
(Sie reicht Alfredo ihre Hand zum Kuß.)
Mein lieber Graf, Dank für die Ehre!

MARQUIS
Teurer Alfredo...

ALFREDO
Herr Marquis...
(Sie reichen sich die Hände.)

GASTONE (zu Alfredo)
Sagt ich's nicht:
hier amüsiert sich's in Freude und Lust!
(In der Zwischenzeit haben die Diener den Tisch fertig
vorbereitet.)

VIOLETTA
Ist alles bereit?
(Ein Diener nickt zustimmend.)

VIOLETTA
Je le veux.
Je me donne au plaisir.
C'est le meilleur remède à mes malheurs.

TOUS
C'est vrai, on vit doublement dans les plaisirs.
(Entrent Alfredo Germont et Gastone. Des domestiques
s'affairent autour de la table.)


GASTONE
Voici Alfredo Germont, Madame,
qui vous admire beaucoup ;
il y a peu d'amis pareils à lui.

VIOLETTA
(donne sa main à Alfredo qui y dépose un baiser.)
Merci, cher Vicomte, pour un tel présent.

LE MARQUIS
Ce cher Alfredo !

ALFREDO
Marquis...
(Ils se serrent la main.)

GASTONE (à Alfredo)
Je te l'ai dit :
ici l'amitié se joint au plaisir.
(Pendant ce temps, les domestiques ont achevé de
dresser la table.)

VIOLETTA
Tout est prêt ?
(Un serviteur approuve de la tête.)

Meine Freunde, zur Tafel!
Heiter sei jedes Herz und fröhlich.

ALLE
Das ist wahr; die heimlichen Sorgen
entfliehen, wenn uns die Tafel winkt.
(Sie nehmen an der Tafel Platz. Violetta sitzt zwischen
Alfredo und Gastone. Flora sitzt ihr gegenüber
zwischen dem Marquis und dem Baron. Die übrigen
Gäste nehmen ihre Plätze um die Tafel ein. Ein
Augenblick des Schweigens während das Essen serviert
wird. Violetta und Gastone flüstern miteinander.)
Und dem Genusse öffne sich Euer Herz!

GASTONE
An Euch muß Alfredo immer denken.

VIOLETTA
Ihr scherzt wohl?

GASTONE
Bei Eurer Krankheit neulich
fragte er täglich nach Eurem Ergehen.

VIOLETTA
Was sagt Ihr? Bin ihm doch unbekannt.

GASTONE
Glaubt meinen Worten.

VIOLETTA
Ist es wahr? Doch weshalb?
Ich begreif es nicht.

Asseyez-vous, mes amis :
à table les cœurs sont plus gais.

TOUS
Vous avez raison... le vin
met en fuite tous nos soucis cachés.
(Ils se mettent à table, Violetta entre Alfredo et
Gastone ; en face d'elle, Flora, entre le Baron et le
Marquis; les autres prennent place autour de la table.
Un instant de silence, pendant lequel on sert les
convives. Violetta et Gastone parlent entre eux à voix
basse.)
A table le cœurs sont plus gais.

GASTONE
Alfredo pense toujours à vous.

VIOLETTA
Vous plaisantez ?

GASTONE
Vous étiez malade et chaque jour il est venu ici
pour avoir de vos nouvelles.

VIOLETTA
Assez, je ne suis rien pour lui.

GASTONE
Je ne vous trompe pas.

VIOLETTA
C'est donc vrai ? Mais pourquoi ?
Je ne comprends pas.

ALFREDO
Ja, nur zu wahr.

VIOLETTA
Nehmt meinen Dank, mein Herr.
Und Euch, Baron, war dies kein Beispiel?

BARON
Ich kenn' Euch erst ein Jahr.

VIOLETTA
Bei ihm sind es ein paar Minuten.

FLORA (zum Baron)
Ihr hättet besser taktvoll geschwiegen.

BARON (leise zu Flora)
Dieser Jüngling mißfällt mir.

FLORA
Warum? Ich finde ihn recht sympathisch.

GASTONE (zu Alfredo)
So schweigsam amüsierst du dich?

MARQUIS (zu Violetta)
Vielleicht kann Violetta ihn ermuntern!

VIOLETTA
Darf ich Hebe Euch sein?

ALFREDO
Unsterblich wie jene wünsche ich Euch.

ALFREDO
Oui, c'est vrai.

VIOLETTA
Je vous en remercie.
Vous n'en avez pas fait autant, Baron.

LE BARON
Je vous connais depuis un an seulement.

VIOLETTA
Et lui, depuis un instant à peine.

FLORA (au Baron, à voix basse)
Vous auriez mieux fait de vous taire.

LE BARON (à Flora, à voix basse)
Je n'aime pas ce garçon...

FLORA
Pourquoi ? Il m'est sympathique, au contraire.

GASTONE (à Alfredo)
Et tu n'as plus rien à dire ?

LE MARQUIS (à Violetta)
A vous de le faire parler, Madame.

VIOLETTA
Je suis Hébé, je verse à boire.

ALFREDO
Et, comme elle, immortelle j'espère.

ALLE
Trinken wir! Erhebet das Glas!

GASTONE
O Baron, habt Ihr nicht einen Trinkspruch,
der diese frohe Stunde würzen könnte?
(Der Baron schüttelt den Kopf.)
Alfredo, und du?
(Alfredo zunickend)

ALLE
Ja, ja, ein Trinkspruch.

ALFREDO
Leider bin ich kein Dichter.

GASTONE
Ich kenn' dich doch, ein Meister bist du!

ALFREDO (zu Violetta)
Ist es auch Euer Wunsch?

VIOLETTA
Ja.

ALFREDO (erhebt sich)
Ja? Dann mit ganzem Herzen!

MARQUIS
So hört ihn an...

ALLE
Ja, wir lauschen seinem Lied.

TOUS
Buvons !

GASTONE
Eh bien, Baron, ne porterez-vous pas un toast
à cette heure délicieuse ?
(Le Baron fait signe que non.)
Ce sera donc à toi.
(à Alfredo)

TOUS
Oui, oui, un toast.

ALFREDO
L'inspiration me manque.

GASTONE
N'es-tu donc plus poète ?

ALFREDO (à Violetta)
Le voulez-vous ?

VIOLETTA
Oui.

ALFREDO (se levant)
Oui ? Je l'ai déjà dans mon cœur.

LE MARQUIS
Donc, écoutons.

TOUS
Oui, écoutons le poète.

ALFREDO
Auf, schlürfet in durstigen Zügen
den Kelch, den die Schönheit kredenzt:
die flüchtigen Stunden entfliegen.
Drum fröhlich die Stirne bekränzt.
Empfindet das himmlische Leben,
denn Liebe ist höheres Leben.
Ist himmlische, selige Lust!
(auf Violetta zeigend)
Den Kelch, den die Schönheit kredenzt.
Der Liebe erschalle ein Hoch!
Die Liebe, sie lebe hoch!

ALLE
Der Liebe erschalle ein Hoch!
Die Liebe, sie lebe hoch!

VIOLETTA (erhebt sich)
Wer fröhlich das Leben genießet,
der ist mir willkommen als lieber Gast;
denn was nicht dem Frohsinn entsprießet,
ist Torheit und drum mir verhaßt.
Wir wollen der flüchtigen Wonne,
so lange sie blühet uns weihn,
sie sei unser Licht, unsere Sonne
und strahle dem trauten Verein.
Wer fröhlich das Leben genießet,
der ist mir willkommen als lieber Gast.

ALLE
Auf, füllet die Becher! Es schalle der Jubel,
die Freude vertreibe die Nacht;
des Liedes Begeisterung werde
dem Morgen entgegengebracht.

ALFREDO
Buvons joyeusement dans ce verre
resplendissant de beauté
et que l'heure passagère
s'enivre de volupté.
Buvons dans les doux frémissements
que l'amour éveille
car ces beaux yeux
(en désignant Violetta)
nous transpercent le cœur.
Buvons, car le vin
réchauffera les baisers de l'amour.

TOUS
Buvons, car le vin
réchauffera les baisers de l'amour.

VIOLETTA (elle se lève)
Je veux partager
ma joie avec vous tous ;
tout dans la vie est folie
sauf le plaisir.
Réjouissons-nous,
l'amour est rapide et fugitif.
C'est une fleur qui naît et meurt,
et dont on ne peut toujours jouir.
Réjouissons-nous puisqu'une voix charmante,
fervente nous y invite.

TOUS
Réjouissons-nous ! le vin et les chants
et les rires embellissent la nuit ;
et que le jour nouveau
nous retrouve dans ce paradis.
VIOLETTA (zu Alfredo)
Nur Heiterkeit würzet das Leben!

ALFREDO (zu Violetta)
Für den, der Liebe nicht kennt.

VIOLETTA
O kann es wohl Höheres geben?

ALFREDO
Dem nicht, dem hier es nicht brennt.

ALLE
Auf, füllet die Becher, es schalle der Jubel.
Die Freude vertreibe die Nacht;
des Liedes Begeisterung werde
dem Morgen entgegengebracht.
(Musik dringt aus einem angrenzenden Raum.)
Was gibt's dort?

VIOLETTA
Nun folgt, wenn's Euch beliebt.

ALLE
Sehr charmant fürwahr! Wir wollen tanzen.

VIOLETTA
Wohlan, so gehen wir.
(Beim Abgang durch die Mitteltür erbleicht Violetta
plötzlich.)

O Himmel!

ALLE
Was ist Euch?

VIOLETTA (à Alfredo)
La vie n'est que plaisir.

ALFREDO (à Violetta)
Pour ceux qui ne connaissent pas encore l'amour.

VIOLETTA
N'en parlez pas à qui l'ignore.

ALFREDO
C'est ma destinée.

TOUS
Réjouissons-nous ! le vin et les chants
et les rires embellissent la nuit,
et que le jour nouveau
nous retrouve dans ce paradis.
(On entend de la musique provenant d'une salle
contiguë.)
Qu'est cela ?

VIOLETTA
Ne voulez-vous pas danser maintenant ?

TOUS
Charmante pensée. Nous acceptons avec plaisir.

VIOLETTA
Sortons donc.
(Ils se dirigent vers la porte du milieu, mais Violetta
devient subitement pâle.)

Oh ciel !...

TOUS
Qu'avez-vous ?

VIOLETTA
Nichts, gar nichts.

ALLE
Warum bleibt Ihr zurück?

VIOLETTA
So folgt mir.
(Sie geht ein paar Schritte, muß dann aber stehen
bleiben und sich setzen.)

O Gott!

ALLE
Da ist es wieder!

ALFREDO
Seid ihr leidend?

ALLE
So sagt, was ist Euch?

VIOLETTA
Ein Zittern ergreift mich.
Geht dort hinüber.
(Sie zeigt auf einen anderen Raum.)
Bald werd' ich Euch folgen.

ALLE
Nach Eurem Wunsche.
(Alle gehen in den anderen Salon hinüber, außer
Alfredo.)

VIOLETTA (schaut in den Spiegel)
O wie blaß bin ich!

VIOLETTA
Rien, ce n'est rien.

TOUS
Pourquoi vous arrêter ?...

VIOLETTA
Sortons...
(Elle fait quelques pas, mais elle est forcée de s'arrêter
à nouveau et de s'asseoir.)
Mon Dieu !...

TOUS
Encore !...

ALFREDO
Vous souffrez ?

TOUS
Oh ! ciel ! Qu'est cela ?

VIOLETTA
Je tremble toute ;
je vous en prie, allez...
(Elle indique l'autre salon.)
J'y serai dans un instant.

TOUS
Comme vous voulez.
(Tous passent dans l'autre salle, sauf Alfredo qui reste
en arrière.)


VIOLETTA (se regardant dans la glace)
Que je suis pâle !

(sich umdrehend erblickt sie Alfredo.)
Ihr hier?

ALFREDO
Seid ihr vom bösen Schmerz jetzt wieder befreit?

VIOLETTA
Es geht mir besser.

ALFREDO
O denkt an Euch selbst,
schont doch Euer Leben,
das mir so teuer ist.

VIOLETTA
O, könnt' ich ein neues Leben...

ALFREDO
Wenn Ihr erst mein wäret, ich würde in treuer
Sorge über Euch wachen, behutsam Euch schützen.

VIOLETTA
Was sagt Ihr? Niemand auf Erden
nahm sich meiner an.

ALFREDO (leidenschaftlich)
Liebt Euch denn kein Mensch auf der Welt?

VIOLETTA
Niemand?

ALFREDO
Ich ausgenommen!

(En se retournant, elle aperçoit Alfredo.)
Vous ici ?...

ALFREDO
Vous sentez-vous mieux maintenant ?

VIOLETTA
Je me sens mieux.

ALFREDO
Vous vous tuerez
à vivre ainsi...
il faut que vous preniez soin de vous.

VIOLETTA
Et comment le pourrais-je ?

ALFREDO
Si vous étiez à moi,
je serais le gardien de votre tranquillité.

VIOLETTA
Que dites-vous ?
Personne ne prend donc soin de moi ?

ALFREDO (avec ardeur)
C'est que personne au monde ne vous aime.

VIOLETTA
Personne ?

ALFREDO
Non, sauf moi.

VIOLETTA
Ach, freilich, ich habe Eure große Liebe nur vergessen.

ALFREDO
Ihr lacht... und die Stimme Eures Herzens?

VIOLETTA
Mein Herz, wer fragt danach... Was kümmert's Euch?

ALFREDO
O hörtet Ihr seine Stimme, dann könntet Ihr nicht
scherzen.

VIOLETTA
Und sprecht Ihr auch wahr?

ALFREDO
Ich belüg' Euch nicht.

VIOLETTA
Wie lang' ist's her, seit Ihr mich liebt?

ALFREDO
Seit einem Jahr schon.
So hold, so reizend und engelsmild
standst du vor meinen Blicken;
nie füllte so mich ein Frauenbild
mit himmlischer Wonn' und Entzücken.
Liebe, ach, Liebe, allmächt'ges Gottesherz,
das die ganze Welt beweget,
Liebe, die mit Wonne und sel'gem Schmerz
jede Brust erreget.

VIOLETTA
C'est vrai, j'avais déjà oublié un si grand amour !

ALFREDO
Vous riez ?... Etes-vous sans cœur ?

VIOLETTA
Un cœur ? Oui peut-être. Pourquoi me demandez-vous
cela ?

ALFREDO
S'il en était ainsi, vous ne pourriez rire de moi.

VIOLETTA
Parlez-vous sérieusement ?

ALFREDO
Je ne vous trompe pas.

VIOLETTA
Vous m'aimez depuis longtemps ?

ALFREDO
Depuis un an, oui.
Un jour, heureuse, légère,
vous m'apparûtes soudain
et de ce jour,
je vous ai aimée sans le savoir,
de cet amour qui est le souffle
de l'univers entier,
mystérieux et noble,
croix et délices pour le cœur.

VIOLETTA
Redet Ihr wahr, so fliehet mich,
Freundschaft nur kann ich geben.
Denn gegen Liebe sträubet sich
mein ganzes heit'res Leben!
Offen und frei muß bitten ich,
anderen Euch zu weihen,
und zu vergessen mich, zu meiden,
es wird nicht schwer Euch sein.

ALFREDO
Liebe, die mit Wonne und sel'gem Schmerz
jede Brust erreget.

VIOLETTA
Und zu vergessen mich, es wird nicht schwer Euch sein.

GASTONE (eintretend)
Was ist mit Euch? Wo bleibt Ihr?

VIOLETTA
Wir neckten uns...

GASTONE
Haha! ganz gut... Bleibt hier.
(Er zieht sich zurück.)

VIOLETTA
Liebe... nichts mehr von ihr.
Wollt' Ihr's versprechen?

ALFREDO
Ich muß gehorchen. Lebt wohl.

VIOLETTA
Ah ! si c'est vrai, partez...
je ne peux vous offrir qu'une pure amitié
je ne sais pas aimer, ni ne puis accepter
un si puissant amour.
Je suis franche, sincère ;
vous devez chercher une autre.
Il ne vous sera pas diffcile
alors de m'oublier.

ALFREDO
Amour mystérieux et noble,
croix et délices pour le cœur.

VIOLETTA
Il ne vous sera pas difficile alors de m'oublier.

GASTONE (à la porte)
Eh bien, que faites-vous donc ?

VIOLETTA
Nous badinions...

GASTONE
Ha ! ha ! très bien... restez.
(Il se retire.)

VIOLETTA
Alors donc, plus d'amour.
Le pacte vous convient ?

ALFREDO
Je vous obéis. Je pars.

VIOLETTA (nimmt eine Blume von ihrem Busen)
Ihr wollt schon gehen?
Nehmt diese Blume!

ALFREDO
Wozu?

VIOLETTA
Bringt sie mir wieder.

ALFREDO
Und wann?

VIOLETTA
Wenn ihre Blätter welken.

ALFREDO
O Himmel! Schon morgen...

VIOLETTA
Nun ja, schon morgen!

ALFREDO (überglücklich die Blume annehmend)
Ich bin so glücklich!

VIOLETTA
Sagt's noch einmal, Ihr liebt mich?

ALFREDO (im Begriff zu gehen)
O unaussprechlich lieb' ich Euch.

VIOLETTA
Ihr geht?

VIOLETTA (elle retire une fleur de son corsage)
S'il en est ainsi.
Prenez cette fleur.

ALFREDO
Pourquoi ?

VIOLETTA
Vous me la rapporterez.

ALFREDO
Et quand ?

VIOLETTA
Quand elle sera fanée.

ALFREDO
Demain alors.

VIOLETTA
Eh bien... demain.

ALFREDO (accepte joyeusement la fleur)
Je suis heureux.

VIOLETTA
Pensez-vous encore m'aimer ?

ALFREDO (en s'éloignant)
Oh ! Combien je vous aime !

VIOLETTA
Vous partez ?

ALFREDO (geht auf sie zu und küßt ihre Hand)
Ich scheide.

VIOLETTA
Addio.

ALFREDO
Von dir will ich nicht lassen.

ALFREDO, VIOLETTA
Addio, addio.
(Alfredo geht hinaus. Die anderen Gäste, erhitzt vom
Tanzen, treten wieder in den Salon ein.)


ALLE
Schon erstrahlt die Morgenröte.
Und die Zeit ruft uns nach Haus.
Dank Euch, holdeste der Frauen,
für den festlich schönen Schmaus.
Voll von Festen ist die Stadt,
und im Rausch verfliegt die Zeit;
nur durch Ruhe finden wir
Kraft zu neuer Fröhlichkeit.
(Sie gehen hinaus.)

VIOLETTA (allein)
's ist seltsam! Im Herzen
tönt stets seine liebe Stimme mir.
Ist's ein ünglück, wahrhaft zu lieben?
Was fühlst du, o zerrißne Seele?
Für niemand erglühtest du - o Freude,
die ich nie gekannt, wahrhaft geliebt zu werden.
Ich sah den Himmel nicht,
als mich der Taumel des Genusses umfangen hatte.

ALFREDO (revenant vers elle et lui baisant la main)
Je pars.

VIOLETTA
Adieu.

ALFREDO
Je n'en demande pas plus.

ALFREDO, VIOLETTA
Adieu. Adieu.
(Il sort. Tous les autres reviennent de la salle, échauffés
par les danses.)


TOUS
Le jour paraît dans le ciel
et nous devons partir ;
merci à vous, charmante dame,
pour une fête aussi joyeuse.
Toute la ville est en liesse.
C'est l'époque des réjouissances ;
nous nous reposerons maintenant afin de reprendre
des forces en vue d'autres nuits de fête.
(lls sortent à droite.)

VIOLETTA (seule)
Étrange... étrange... dans mon cœur
sont gravées ces paroles !
Un véritable amour serait-il un malheur pour moi ?
Que vas-tu décider, ô mon âme ?
Aucun homme ne m'a encore enflammée... Oh ! joie
que jamais je ne connus ! Aimer, être aimée !
Cette joie, la dédaignerai-je
pour les folies stériles de ma vie ?

Er ist es, dessen wonnig Bild
mir wie aus weiten Fernen,
mitten im Taumel lauter Lust
leuchtete gleich den Sternen.
Er, der an meiner Schwelle stand,
sich sorgte um mein Leben,
der mich fiebern, beben macht,
jetzt vor der wahren Liebe.
Liebe, ach Liebe, allmächt'ges Gottesherz,
das die ganze Welt beweget,
Liebe, die mit Wonne und sel'gem Schmerz
jede Brust erreget...
O Torheit, Torheit! Eitler Wahn!
Du armes Mädchen, allein,
einsam und verlassen
in dieser rauschenden Wüste,
die sich Paris nennt,
was kann ich hoffen?
Was soll ich beginnen? O Freude,
die ich nur im Taumel der Lust empfinde.
Fröhlichkeit, ja, Fröhlichkeit.
Von der Freude Blumenkränzen
sei mein Leben heiter durchzogen;
auf des Jubels lust'gen Wogen
rauschen schnell die Tage dahin.
Jeder Morgen soll als Bote
neue Feste fröhlich künden.
Jeder Abend soll mich finden,
wo die Lust man frei genießet!

ALFREDO (draußen, unter dem Balkon)
Liebe, ach Liebe, allmächtiges Gottesherz!...

VIOLETTA
Oh...

Ah ! peut-être est-ce celui
que mon âme
seule dans le tumulte
aimait imaginer en secret.
Lui qui, si vigilant
vint auprès de moi, malade
et alluma une fièvre nouvelle
m'éveillant à l'amour.
A cet amour qui est le souffle
de l'univers entier,
mystérieux et noble,
croix et délices pour le cœur.
Folies !... folies... Ceci est un vain délire.
Pauvre femme, seule,
abandonnée
dans ce désert peuplé
qu'on appelle Paris.
Que puis-je encore espérer ?...
Que faire ?... Vivre dans les tourbillons de la
volupté, et mourir de plaisir !
Vivre ! Vivre ! Ah !
Oui, je dois, toujours libre,
folâtrer de joie en joie.
Je veux que ma vie se passe à jamais
sur les chemins du plaisir.
Que le jour naisse ou qu'il meure,
je dois vivre toujours dans des lieux
de plaisir en quête
de joies nouvelles.

ALFREDO (de dehors, sous le balcon)
L'amour, l'amour est le souffle

VIOLETTA
Oh !
ALFREDO
... das die ganze Welt beweget!

VIOLETTA
Ach, Liebe...

ALFREDO
Liebe, die mit Wonn' und sel'gem Schmerz
jede Brust erreget,
jede Brust erreget mit sel'gem Schmerz.

VIOLETTA
O Torheit, Torheit! O Freude, Freude.
Von der Freude Blumenkränzen
sei mein Leben heiter durchzogen;
auf des Jubels lust'gen Wogen
rauschen schnell die Tage hin.
Jeder Morgen soll als Bote
neue Feste fröhlich künden,
jeder Abend soll mich finden,
wo die Lust man frei genießet.

ALFREDO
Liebe, allmächtiges Gottesherz,
das die Welt beweget.

VIOLETTA
Wo die Lust man frei genießet,
dort ergreift es mich, Lust und Freude.

ALFREDO
... de l'univers entier.

VIOLETTA
L'amour.

ALFREDO
Mystérieux et noble,
croix et délices à la fois,
croix et délices, pour le cœur.

VIOLETTA
Folies ! Folies ! De joie en joie !
Oui, je dois, toujours libre folâtrer.
Je veux que ma vie
se passe à jamais
sur les chemins du plaisir.
Que le jour naisse ou qu'il meure
je dois vivre toujours
dans des lieux
de plaisir en quête de joies nouvelles.

ALFREDO
L'amour est le souffle
de l'univers.

VIOLETTA
Ah ! Toujours en quête de joies nouvelles,
Toujours en quête.

ZWEITER AKT

Erste Szene

Landgut in der Nähe von Paris. Salon.
Im Hintergrund befindet sich ein Kamin zum Publikum,
auf dem Kaminsims eine Uhr und darüber ein Spiegel.
Auf beiden Seiten des Kamins führen Flügeltüren in
den Garten. Im ersten Stockwerk zwei weitere sich
gegenüber liegende Türen. Stühle, Tische, Bücher,
Schreibmaterial.
(Alfredo tritt in Jagdkleidung ein.)

ALFREDO (Er stellt sein Gewehr ab.)
Entfernt von ihr ist kein Glück für mich!
Drei Monde schon entschwanden,
daß meine Violetta für mich entsagte
den Reizen des Lebens, den Huldigungen,
die von einem Sklavenschwarme
ihrer Schönheit geweihet wurden.
Sie mied den Trubel.
ünd nun zufrieden an diesem stillen Orte
vergaß alles sie für mich. An ihrer Seite
fühl ich mich neu erstehen,
neu geboren, vergeß in ihrem Glück
ich die Vergangenheit.
Ach, ihres Auges Zauberblick
strahlte mir in die Brust, und rief mein wildes
Herz zurück, mein Herz zurück vom Taumel trunkner
Lust.
Selige Worte zu mir sie sprach:
mein Leben weih ich dir!
Das tönt mir ewig im Herzen nach
und öffnet den Himmel mir.
(Annina tritt in Reisekleidung auf.)

DEUXIÈME ACTE

Première scène

Une maison de campagne près de Paris.
Un salon au rez-de-chaussée. Dans le fond, face aux
spectateurs, une cheminée, surmontée par une glace et
une horloge, entre deux portes vitrées qui conduisent à
un jardin. Au premier étage, deux autres portes se
faisant face. Des chaises, des guéridons, quelques livres
et le nécessaire pour écrire.
(Alfredo entre, en costume de chasse.)

ALFREDO (déposant son fusil)
Loin d'elle pour moi il n'y pas de plaisir !
Déjà trois mois sont passés.
depuis que ma Violetta
a renoncé pour moi à la fortune, au luxe, aux amours,
et aux fêtes somptueuses,
où, habituée aux hommages,
elle voyait tout le monde esclave de sa beauté.
Et à présent, heureuse dans cette tranquille maison de
campagne elle oublie tout pour moi.
Et ici, près d'elle, je me sens renaître,
et régénéré par la force de l'amour,
j'oublie dans ses bras tout le passé.
Et l'ardeur juvénile
de mon esprit brûlant
elle la calma par le serein sourire de l'amour !
Depuis ce jour où elle m'a dit :
« je veux vivre seulement pour toi »,
oublieux de l'univers
je me crois presque au ciel.
(Annina entre en costume de voyage.)

ALFREDO
Annina, woher kommst du?

ANNINA
Von Paris!

ALFREDO
Wer schickte dich dorthin?

ANNINA
Meine gute Herrin.

ALFREDO
Warum?

ANNINA
Um all die Sachen zu verkaufen,
die uns hier noch blieben.

ALFREDO
Was muß ich hören?

ANNINA
Zu teuer wurde uns der Aufwand hier.

ALFREDO
Und du verschwiegst es?

ANNINA
Man hat mir Schweigen befohlen.

ALFREDO
Befohlen? - Sag, wieviel braucht Ihr.

ALFREDO
Annina, d'où viens-tu ?

ANNINA
De Paris.

ALFREDO
Qui t'a envoyée ?

ANNINA
Madame.

ALFREDO
Pourquoi ?

ANNINA
Pour vendre chevaux, voitures
et tout ce qu'elle possède encore.

ALFREDO
Qu'est-ce que j'entends !

ANNINA
Cela revient cher de vivre ici toute seule.

ALFREDO
Que me caches-tu ?

ANNINA
On m'a imposé le silence.

ALFREDO
Imposé !... et dis-moi combien il te faut ?

🎼

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