Rigoletto

by Giuseppe Verdi libretto (French German)


Personnages

Le duc de Mantoue (ténor)
Rigoletto, son bouffon bossu (baryton)
Gilda, fille de Rigoletto (soprano)
Sparafucile, un spadassin (basse)
Maddalena, sa sœur (contralto)
Giovanna, duègne de Gilda (mezzo-soprano)
Matteo Borsa, courtisan (ténor)
Le chevalier Marullo, courtisan (baryton)
Le comte Ceprano (basse)
La comtesse Ceprano, sa femme (mezzo-soprano)
Le comte Monterone (baryton)
Un huissier (basse)
Le page de la duchesse (soprano)
Courtisans, nobles dames, pages, serviteurs (chœur)


Prélude

Personen

Herzog von Mantua (Tenor)
Rigoletto, sein Hofnarr (Bariton)
Gilda, dessen Tochter (Sopran)
Giovanna, Gildas Gesellschafterin (Alt)
Graf von Monterone (Bass)
Graf Ceprano (Bariton)
Gräfin Ceprano (Sopran)
Marullo, ein Kavalier (Bariton)
Borsa, ein Höfling (Tenor)
Sparafucile, ein Mörder (Bass)
Maddalena, dessen Schwester (Mezzosopran)
Höflinge (Herrenchor)

PREMIER ACTE

Première scène

Une magnifique salle du palais ducal à Mantoue
(Au fond, des portes ouvrent sur d’autres salles,
superbement illuminées. Dans le fond de ces salles, une
foule de dames et de gentilshommes en grande tenue.
Des pages vont et viennent. La fête bat son plein. Au
loin, en coulisse, on entend de la musique entrecoupée
d’éclats de rire. Le Duc et Borsa entrent par une des
portes du fond.)


LE DUC
Je veux mener à bon terme mon aventure
avec ma belle bourgeoise inconnue.

BORSA
La jeune fille que vous voyez à l’église ?

LE DUC
Chaque dimanche depuis trois mois.

BORSA
Où demeure-t-elle ?

LE DUC
Dans une rue écartée ;
chaque nuit un homme mystérieux entre chez elle !

ERSTER AKT

Erste Szene

Mantua. Ein prächtiger Säulensaal im herzoglichen palast
(Hellstrahlende Festbeleuchtung. Eine glänzende
Festversammlung: Herren und Damen, Pagen und
Diener kommen, gehen und servieren im Saale hinten.
Ballorchester unsichtbar hinten. Der Herzog von
Mantua und sein Höfling Borsa kommen nach einiger
Zeit in Festkleidung rechts aus dem Hintergrund.)


HERZOG
Zum Schluß bring’ ich das Abenteuer
Mit jener spröden, unbekannten Schönen!

BORSA
Die in der Kirche öfter Sie gesehen?

HERZOG
Jeden Festtag seit drei Monden.

BORSA
Und ihre Wohnung?

HERZOG
In einem düstern Winkel.
Jede Nacht besucht ein Mann die Schöne.

BORSA
Et sait-elle donc qui elle a pour amant ?

LE DUC
Elle l’ignore.
(Un groupe de dames et de gentilshommes traverse la
scène.)

BORSA
Que de beautés !... Regardez.

LE DUC
L’épouse de Ceprano l’emporte sur toutes les autres.

BORSA
Que le Comte ne vous entende pas, Monseigneur...

LE DUC
Et que m’importe ?

BORSA
Il pourrait le répéter à une autre.

LE DUC
Ce ne serait pas pour moi un grand malheur...
Pour moi, l’une vaut bien l’autre.
Et je suis entouré par tant de belles
que je ne laisse pas plus volontiers
l’une que l’autre régner sur mon cœur.
Leur grâce est un de ces dons
par lesquels le destin embellit notre vie ;
et si aujourd’hui c’est celle-ci qui me plaît,
demain ce sera peut-être une autre.
Haïssons cette cruelle maladie
qu’est la constance qui tyrannise les cœurs.

BORSA
Und kennt das Mädchen Ihren Stand und Namen?

HERZOG
O nein!
(Eine Gruppe von Damen und Herren geht durch den
Saal.)

BORSA
Ha, welche Reize! O sehen Sie.

HERZOG
Alle verdunkelt Cepranos junge Gattin.

BORSA
Der Graf darf das nicht hören.

HERZOG
Mag er es wissen.

BORSA
Einer Andern könnt’ er’s sagen.

HERZOG
Dieses Unglück wäre für mich leicht zu ertragen.
Freundlich blick ich auf diese und jene,
Die wie Sterne mich leuchtend umschweben,
Doch mich fesseln soll nie eine Schöne,
Denn ich glühe für keine allein.
Die Natur will uns alle beglücken,
Nur der Wechsel verschönert das Leben!
Mag die Eine mich heute entzücken,
Morgen wird mich die Andre erfreuen.
Treue hält uns in lästigen Banden,
Nimmer will ich dies Schicksal erfahren,

Que celui qui le désire reste fidèle ;
s’il n’est point de liberté, il n’est point d’amour.
Je me ris de la jalouse fureur des maris,
des accès de rage des amants ;
et je défie même les cent yeux d’Argus
lorsqu’une belle excite mes désirs.
(Entre le Comte Ceprano qui suit de loin sa femme,
escortée par un autre gentilhomme. Des dames et
gentilshommes entrent de toutes parts.)

LE DUC
(s ‘avançant fort galamment à la rencontre de
Madame de Ceprano)
Vous partez ? Cruelle !

LA COMTESSE
Je suis obligée de suivre mon époux à Ceprano.

LE DUC
Mais cet astre lumineux devrait
briller à la Cour, comme un soleil.
Chacun ici devrait brûler pour vous.
Pour vous, déjà, la puissante flamme de l’amour
enivre, conquiert, détruit mon cœur.

LA COMTESSE
Calmez-vous !

LE DUC
La puissante flamme de l’amour, etc.

LA COMTESSE
Calmez-vous !
(Il lui offre son bras et sort avec elle. Entre Rigoletto
qui se heurte au Comte Ceprano, puis des courtisans.)

Mag ein Tor sie für eine bewahren!
Nur in Freiheit kann Liebe gedeihen.
Niemals hemmt mich das Auge der Gatten,
Ihrer Eifersucht kann ich nur lachen.
Mag ein Argus ihr Kleinod bewahren!
Ja, der Sieg bleibt am Ende doch mein.
(Graf Ceprano wacht sorgfältig über seine Gattin, die
von einem anderen Herrn begleitet wird; Damen und
Herren gesellen sich nach und nach zur Gruppe.)

HERZOG
(tritt ihnen entgegen, begrüßt das gräfliche Paar und
führt die Gräfin in den Vordergrund.)
Sie fliehen mich. Wie grausam!

GRÄFIN
Ceprano zu folgen, geziemet der Gattin.

HERZOG
In strahlendem Schimmer
Am Hofe zu glänzen, geziemet der Sonne,
Und zu verbreiten Entzücken und Wonne.
Sie sehen vor Liebe mich glühen,
Und können nicht länger ihr Herz mir entziehen.

GRÄFIN
O schweigen Sie!

HERZOG
Liebe mich glühen, usw.

GRÄFIN
O schweigen Sie!
(Er reicht ihr den Arm und entfernt sich mit ihr.
Rigoletto eintretend, vertritt Ceprano den Weg.)

RIGOLETTO
Qu’avez-vous donc en tête.
Monsieur de Ceprano ?
(Ceprano, avec un geste d ‘impatience, s’élance à la
suite du Duc. Rigoletto se tourne vers les courtisans.)
Vous voyez, il suffoque ?

BORSA, LE CHŒUR
Quelle fête !

RIGOLETTO
Oh oui...

BORSA, LE CHŒUR
En tout cas, le Duc s’amuse !

RIGOLETTO
N’en est-il pas toujours ainsi ? La belle découverte !
Le jeu, et le vin, les têtes. la danse,
les batailles, les banquets, tout lui convient.
En ce moment, il fait le siège de la Comtesse,
et pendant ce temps, le mari suit tout frémissant.
(Il sort. Entre Marullo, tout affairé.)

MARULLO
Une grande nouvelle ! Une grande nouvelle !

LE CHŒUR
Que se passe-t-il ? Parlez !

MARULLO
Vous allez en rester stupéfaits .

LE CHŒUR, BORSA
Racontez, racontez.

RIGOLETTO
Was spukt dir im Kopfe,
Herr Graf von Ceprano?
(Ceprano folgt mit einer aufschäumenden Bewegung
dem Herzog. Zu den Hofherren:)
O, seht doch, wie er schnaubet!

BORSA, CHOR
Welch’ ein Fest!

RIGOLETTO
Nun Ja!

BORSA, CHOR
Den Herzog erfreuen solche Gelage.

RIGOLETTO
Das merkst du erst heute? So geht’s alle Tage,
Er findet Vergnügen an Festen und Tänzen,
An Wein und an Spiel,
Oft sucht er Erholung in zärtlichen Siegen,
Heut’ nahm er sich die Gräfin zum Ziel!
(Er geht. Marullo eilig auftretend.)

MARULLO
Was Neues! Was Neues!

CHOR
Was ist es? Erzähle!

MARULLO
Ihr werdet erstaunen!

CHOR, BORSA
O rede doch endlich!

MARULLO
Ah ah ! Rigoletto

LE CHŒUR, BORSA
Eh bien ?

MARULLO
La chose est impensable !

LE CHŒUR, BORSA
Il a perdu sa bosse ? Il n’est plus difforme ?

MARULLO
C’est plus étrange encore ! Le fou possède...

LE CHŒUR, BORSA
Finissez donc.

MARULLO
Une maîtresse.

LE CHŒUR, BORSA
Une maîtresse ! Comment est-ce possible !

MARULLO
Voici que notre bossu s’est transformé en Cupidon.

LE CHŒUR, BORSA
Quel monstrueux Cupidon... Bienheureux Cupidon !
(Le Duc revient, suivi de Rigoletto, puis de Ceprano.)

LE DUC (à Rigoletto)
Ah, que ce Ceprano est donc importun !
Sa chère épouse est pour moi un ange !

MARULLO
Ha, ha! Rigoletto!

CHOR, BORSA
So sprich!

MARULLO
Ihr mög’t raten!.

CHOR, BORSA
Verlor er den Höcker? Ward er zum Adonis?

MARULLO
O nichts von dem allen! Der Narr Rigoletto...

CHOR, BORSA
Nur weiter.

MARULLO
Hat ein Liebchen!

CHOR
Wie! Ein Liebchen! Ist’s möglich?

MARULLO
Der Bucklige ist zum Cupido geworden.

CHOR
Der Krüppel Cupido? O süßer Cupido!
(Der Herzog, gefolgt von Rigoletto, dann von Ceprano,
tritt ein.)

HERZOG (zu Rigoletto)
Wie lästig. Ceprano ist immer um sie!
Ein Weib gleich der Gräfin sah ich noch nie.

RIGOLETTO
Enlevez-la.

LE DUC
C’est dit : mais comment faire ?

RIGOLETTO
Ce soir.

LE DUC
Tu oublies le Comte ?

RIGOLETTO
N’y a-t-il plus de prisons ?

LE DUC
Ah, non !

RIGOLETTO
Eh bien... exilez-le

LE DUC
Non plus, bouffon.

RIGOLETTO (se passant le doigt sur le cou)
Alors la tête...

CEPRANO (à part)
Quelle âme scélérate !

LE DUC (frappant sur l’épaule du Comte)
Que dis-tu là, cette tête ?

RIGOLETTO
Entführe sie!

HERZOG
Wie wäre das möglich?

RIGOLETTO
Heut’ abend.

HERZOG
Bewacht von dem Grafen?

RIGOLETTO
Den setzt man gefangen.

HERZOG
Nein, nein!

RIGOLETTO
Nun, dann verbann’ ihn!

HERZOG
Das darf nicht geschehen!

RIGOLETTO (mit einer Gebärde des Kopfabschlagens)
Wohlan! Dann gilt’s seinem Kopfe!

CEPRANO (beiseite)
Der schändliche Bube!

HERZOG (klopft dem Grafen auf die Schulter)
Der Kopf sollte fallen?

RIGOLETTO
C’est tout naturel.
Que faire d’une telle tête ?... A quoi sert-elle ?

CEPRANO (furieux, brandissant son épée)
Maraud !

LE DUC (à Ceprano)
Arrêtez...

RIGOLETTO
Il me fait rire.

MARULLO, LE CHŒUR (à part)
Il est fou de colère !

LE DUC (à Rigoletto)
Viens ici, bouffon.

BORSA, MARULLO, LE CHŒUR
Il est fou de colère !

LE DUC
Ah, tu pousses toujours trop loin la plaisanterie.
Cette colère que tu défies, pourrait bien te frapper.

CEPRANO (à part aux courtisans)
Je veux me venger du fou !...

RIGOLETTO
Qui pourrait m’atteindre ? Je ne les crains pas.
Personne ne touchera un favori du Duc.

RIGOLETTO
Er ist wie ein anderer, sieh!
Warum ihn verschonen?

CEPRANO (wütend die Hand am Degen)
Ha, Schurke!

HERZOG (zu Ceprano)
O, laß ihn!

RIGOLETTO
Ich fürcht’ ihn nicht sehr!

MARULLO, CHOR (zueinander)
Der Zorn übermannt ihn!

HERZOG (zu Rigoletto)
He! Narr! Komm hierher!

BORSA, MARULLO, CHOR
Der Zorn übermannt ihn!

HERZOG
Zu weit treibst du immer den Scherz!
Einmal wird es dir übel ergehen!

CEPRANO (zu den Hofherren)
Wir werden uns rächen!...

RIGOLETTO
Was soll es mir schaden!
Was kann einem Liebling des Fürsten geschehen?

CEPRANO
Lequel d’entre nous
ne lui tient pas rigueur?
Vengeance!

BORSA, MARULLO, LE CHŒUR (à Ceprano)
Mais comment?

CEPRANO
Demain, que tous les hommes de cœur
viennent chez moi, armés.

BORSA, MARULLO, LE CHŒUR
Oui.

CEPRANO
De nuit.

BORSA, MARULLO, LE CHŒUR
Qu’il en soit ainsi.

RIGOLETTO
Qui pourrait m’atteindre ? etc.

LE DUC
Ah, tu pousses toujours trop loin la plaisanterie, etc.

BORSA, CEPRANO, MARULLO, LE CHŒUR
Je veux me venger du fou !
Lequel d’entre nous ne lui
tient pas rigueur
de ses cruelles plaisanteries?
Oui, vengeance! etc.
Oui, vengeance!

CEPRANO
Er wagt sich an Jeden,
Nicht einer ist frei!
Rache!

BORSA, MARULLO, CHOR (zu Ceprano)
Doch wie denn?

CEPRANO
Kommt alle morgen zu mir,
Mit Waffen versehen.

BORSA, MARULLO, CHOR
Ja!

CEPRANO
Bei Nacht.

BORSA, MARULLO, CHOR
Es sei!

RIGOLETTO
Was soll es mir schaden! usw.

HERZOG
Zu weit treibst du immer den Scherz! usw.

BORSA, CEPRANO, MARULLO, CHOR
Wir werden uns rächen!
Wer von uns hegt
Keinen Groll gegen ihn
Und seine grausamen Späße?
Ja, Rache! usw.
Ja, Rache!

DUCA, RIGOLETTO
Tout n’est plus que joie et réjouissances.
(La foule des danseurs envahit la scène.)

TOUS
Tout n’est plus que joie et réjouissances.
Tout nous invite à nous amuser !
Ah, voyez cette Cour, n’est-elle pas
la Cour du plaisir ?
(Entre le Comte Monterone.)

MONTERONE
Il faut que je vous parle.

LE DUC
Non.

MONTERONE (s’avançant)
Je le veux.

BORSA, RIGOLETTO, MARULLO, CEPRANO, LE CHŒUR
Monterone !

MONTERONE
(toisant le Duc, d’un air noble et orgueilleux)
Oui, Monterone... Partout, ma voix
vous secouera comme le tonnerre...

RIGOLETTO
(au Duc, contrefaisant la voix de Monterone)
Il faut que je vous parle.
(Ils ‘avance, d’un air de gravité ridicule.)
Vous avez comploté contre nous, monsieur,
et nous, clément en vérité, nous avons pardonné...

HERZOG, RIGOLETTO
Diese Tänze, diese Klänge!
(Eine Gruppe von Tänzern belebt die Szenerie.)

ALLE
Diese Tänze, diese Klänge,
Diese Tänze laden uns zur Freude ein,
So entzückend, so berauschend
Kann’s im Paradies nicht sein!
(Graf Monterone tritt ein.)

MONTERONE
Ich muß ihn sprechen!

HERZOG
Nein.

MONTERONE (vortretend)
Ich will es!

BORSA, RIGOLETTO, MARULLO, CEPRANO, CHOR
Monterone!

MONTERONE
(den Herzog mit edlem Stolze anblickend)
Ja! Monterone!
Gleich dem Donner aus den Wolken!

RIGOLETTO
(aufstehend, zum Herzog, Monterones Stimme
nachahmend)
Ich will ihn sprechen!
(mit komischer Ernsthaftigkeit und geziertem Wesen)
Als ein Verschwörer wurdest du gerichtet!
Doch unsre Gnade hat den Spruch vernichtet,

Quel délire vous prend, désormais, de réclamer
à toute heure l’honneur de votre fille ?

MONTERONE
(regardant Rigoletto avec colère et mépris)
Nouvel affront !
(au Duc)
Ah, oui, je viens troubler
vos orgies... Je continuerai à crier
tant que restera impuni l’infâme outrage
qu’a subi ma famille :
et si, pour finir, vous me livrez au bourreau,
vous me reverrez, spectre affreux,
tenant dans ma main mon crâne,
réclamer la vengeance au monde et à Dieu.

LE DUC
Cela suffit. Qu’on l’arrête !

RIGOLETTO
Il est fou.

LE CHŒUR
Quelles paroles !

MONTERONE (au Duc et à Rigoletto)
Oh, soyez maudits, tous les deux.

BORSA, MARULLO, CEPRANO, LE CHŒUR
Ah!

MONTERONE
O Duc, il est vil de lancer son chien
contre le lion qui meurt...

Und nun kommst du und forderst jammernd
Deiner Tochter Ehre?

MONTERONE
(verächtlich Rigoletto anblickend)
Ein neuer Schimpf!
(zum Herzog)
Ja, täglich komm’ ich –
Ihr sollt mich hören! Stets soll mein Ruf
Eure Orgien stören, bis für den Frevel,
Den du begangen, gerechte Strafe dich ereilt.
Und willst du mich dem Henker übergeben,
Wirst du mich sehen, ein fürchterlicher Geist;
Werd’ ich um Rache zu Gott
Mich flehend wenden!

HERZOG
Genug! Ergreifet ihn!

RIGOLETTO
Der Tor!

CHOR
O Frevel!

MONTERONE (zum Herzog und Rigoletto)
So mögt Ihr beide verflucht sein.

BORSA, MARULLO, CEPRANO, CHOR
Ah!

MONTERONE
Du hetzest den Hund auf den sterbenden Löwen!
Ha, welche Feigheit!

(à Rigoletto)
Et toi, serpent,
toi qui ris de la douleur d’un père,
sois maudit.

RIGOLETTO (saisi, à part)
Qu’est-ce que j’entends ! Horreur !

TOUS (sauf Rigoletto)
(à Monterone)
O toi, audacieux, qui viens troubler la fête,
guidé jusqu’ici par un démon infernal,
tes paroles sont vaines, éloigne-toi d’ici,
va, et crains, ô vieillard, la colère souveraine, etc.

RIGOLETTO
Horreur !
Quel le horreur !

MONTERONE
Sois maudit ! Et toi, serpent! etc.

TOUS (sauf Rigoletto)
Tu l’as provoquée, pour toi plus d’espoir,
cet instant est pour toi, un instant fatal.
(Monterone s’éloigne entre deux hallebardiers ; tous les
autres suivent le Duc dans une autre salle.)

(zu Rigoletto)
Und du, o Schlange!
Höhnest den Schmerz des weinenden Vaters!
Sei denn verfluchet!

RIGOLETTO (für sich, angstvoll)
Was hör ich? O Grauen!

ALLE (außer Rigoletto)
(zu Monterone)
O du, der Angst hier verbreitet,
Ein Dämon hat dich zu dem Feste geleitet.
So wenig nur gilt dir dein trauriges Leben!
Du magst vor dem Zorne, usw.

RIGOLETTO
Grauen!
O Grauen!

MONTERONE
Sei denn verflucht! Und du, o Schlange! usw.

ALLE (außer Rigoletto)
Des Herrschers erbeben. O hoffe nichts mehr,
Der Arm des Gesetzes, er treffe dich schwer.
(Die Wachen führen Monterone fort; alle folgen dem
Herzog.)

Scène 2

L’extrémité d’une impasse
(A gauche, une maison d’apparence modeste, avec une
petite cour, entourée d’un grand mur. Dans la cour, un
grand arbre. fort élevé, et un siège de marbre ; dans le
mur, une porte qui donne dans la rue ; sur le mur une
grande terrasse, soutenue par une arcade. La porte du
premier étage donne sur cette terrasse, à laquelle on
accède aussi par un escalier sur le devant. A droite de
la rue, un mur extrêmement élevé et un côté du palais
de Ceprano. Il fait nuit. Rigoletto paraît, enveloppé
dans son manteau, suivi de Sparafucile qui porte sous
son manteau une longue épée.)


RIGOLETTO (à part)
Ce vieillard m’a maudit !

SPARAFUCILE
Monsieur ?

RIGOLETTO
Va, je n’ai rien.

SPARAFUCILE
Je ne vous ai rien demandé... Vous avez
devant vous un homme d’épée.

RIGOLETTO
Un voleur ?

SPARAFUCILE
Un homme qui pour trois fois rien
vous délivre d’un rival,
et vous en avez un...

Szene 2

Der Eingang in eine öde Sackgasse.
(Links ein Haus von schlichtem Aussehen, mit einem
Vorhof, von einer Mauer umgeben. Im Vorhof ist ein
großer Baum, daneben eine Bank aus Marmor. Eine Tür
in der Mauer öffnet sich zur Straße. Über der Mauer ist
eine Terrasse von Arkaden gestützt. Vom zweiten
Stockwerk öffnet sich eine Türe auf die Terrasse, die
auch von einer Treppe vorn erreicht werden kann.
Rechts von der Straße, eine noch höhere Mauer über
die man eine Seite des Palastes des Grafen Ceprano
sehen kann. Es ist Abend. Rigoletto, in einen Mantel
gehüllt, tritt ein, gefolgt von Sparafucile, welcher einen
Degen, unter seinem Umhang versteckt, trägt.)


RIGOLETTO (beiseite)
Der alte Mann verfluchte mich!

SPARAFUCILE
O Herr!

RIGOLETTO
Geh’! Kann nichts geben!

SPARAFUCILE
Ich bettle nicht! Ein Mann steht hier,
Mit dem Degen wohl bekannt!

RIGOLETTO
Ein Räuber!

SPARAFUCILE
Ein Mann, der Nebenbuhler
Für wenig läßt verschwinden;
Auch du hast welche.

RIGOLETTO
Qui est-il ?

SPARAFUCILE
Votre femme habite là.

RIGOLETTO (à part)
Qu’est-ce que j’entends !
(à Sparafucile)
Et combien
devrais-je te verser pour un gentilhomme ?

SPARAFUCILE
Le prix serait plus élevé.

RIGOLETTO
Comment te paie-t-on d’habitude ?

SPARAFUCILE
La moitié avant, et le reste après.

RIGOLETTO (à part)
Démon !
(à Sparafucile)
Et comment peux-tu opérer
ainsi, en toute sécurité ?

SPARAFUCILE
J’ai l’habitude de tuer en ville,
ou encore sous mon toit ;
j’attends l’homme, le soir ;
une estocade et il meurt.

RIGOLETTO
Wirklich?

SPARAFUCILE
Dein Liebchen wohnt hier im Haus.

RIGOLETTO (beiseite)
Was soll das heißen!
(zu Sparafucile)
Und wieviel
müßte ich für einen Herrn wohl geben?

SPARAFUCILE
Mehr förder ich für sein Leben –

RIGOLETTO
Als man gewöhnlich gibt?

SPARAFUCILE
Die Hälfte voraus, der Rest folgt später nach.

RIGOLETTO (beiseite)
Du Satan.
(zu Sparafucile)
Und wie wird sicher
Solch eine Tat verübt?

SPARAFUCILE
Bald auf einer freien Straße,
Bald unter einem Dache,
Nachts harr’ ich meines Mannes,
Mit einem Stoße ist’s geschehen!
RIGOLETTO (à part)
Démon !
(à Sparafucile)
Comment fais-tu chez toi ?

SPARAFUCILE
C’est facile...
Ma sœur m’aide.
Elle danse dans les rues... elle est belle.
elle attire qui je veux... et alors.

RIGOLETTO
Je comprends.

SPARAFUCILE
Sans bruit...

RIGOLETTO
Je comprends.

SPARAFUCILE
Et voici mon instrument.
(Il montre son épée.)
Peut-il vous être utile ?

RIGOLETTO
Non... pas pour le moment.

SPARAFUCILE
Tant pis pour vous.

RIGOLETTO
Qui sait ?

RIGOLETTO
Du Satan!
(zu Sparafucile)
Doch wie im Hause?

SPARAFUCILE
Leicht macht es sich
Mit Hilfe meiner Schwester.
Auf den Straßen tanzt sie,
Ist reizend – sie lockt die Opfer und dann –

RIGOLETTO
Verstehe!

SPARAFUCILE
Ohne Lärmen...

RIGOLETTO
Verstehe!

SPARAFUCILE
Dies ist mein Instrument!
(Er zeigt den Degen.)
Ist’s gefällig?

RIGOLETTO
Nein, jetzt nicht!

SPARAFUCILE
Desto schlimmer für dich.

RIGOLETTO
Wer weiß.

SPARAFUCILE
Je me nomme Sparafucile

RIGOLETTO
Un étranger ?

SPARAFUCILE (s ‘éloignant)
Bourguignon...

RIGOLETTO
Et, à l’occasion, où vous trouve-t-on ?.

SPARAFUCILE
Toujours ici, le soir.

RIGOLETTO
Va.

SPARAFUCILE
Sparafucile, Sparafucile.
(Sparafucile sort.)

RIGOLETTO (regarde Sparafucile s’éloigner)
Va, va, va, va.
Nous sommes égaux !
moi, j’ai ma langue, lui son poignard ;
je suis l’homme qui rit,
et lui, celui qui éteint !
Ce vieillard m’a maudit...
Q hommes !... ô nature !
C’est vous qui avez fait de moi un vil scélérat !
Ah, j’enrage ! être difforme... être bouffon !
Ne devoir, ne pouvoir rien faire d’autre que rire !
L’héritage de tous les hommes m’a été arraché.

SPARAFUCILE
Sparafucile, so nenn’ ich mich!

RIGOLETTO
Ein Fremder?

SPARAFUCILE (sich entfernend)
Aus Burgund.

RIGOLETTO
Und wo bist du zu finden?

SPARAFUCILE
Hier jeden Abend.

RIGOLETTO
Geh!

SPARAFUCILE
Sparafucile, Sparafucile.
(Sparafucile geht.)

RIGOLETTO (ihm nachschauend))
Geh! Geh! Geh! Geh!
Gleich sind wir beide! Mir dient die Zunge,
Ihm dient der Stahl.
Ich bin der Mann des Scherzes,
Er des blutigen Ernstes. – Der alte Mann
Verfluchte mich! O Menschen, o Natur,
Ihr habt mich beide zum Bösewicht gebildet!
O schrecklich! so häßlich zu sein,
Den Narren zu spielen!
Ewig scherzhaft zu sein, ewig zu lachen!
Mir versagt ist des Menschen Erbe, die Träne.

les larmes ! Mon maître, jeune,
joyeux, si puissant, beau,
me dit avec indolence :
Fais-moi rire, bouffon !
Et je dois me forcer et obéir !... Oh, damnation !..
Je vous hais, courtisans moqueurs !
Que j’ai de joie à vous mordre !
Si je suis ignoble, la faute vous en incombe...
Mais ici, je deviens un autre homme...
Ce vieillard m’a maudit !... Pourquoi cette pensée
hante-t-elle ainsi mon esprit ?
Le malheur va-t-il me frapper ?
Ah ! non, c’est de la folie !
(Il ouvre la porte avec sa clef et entre dans la petite
cour. Gilda sort de la maison et se jette dans ses bras.)
Ma fille !

GILDA
Mon père !

RIGOLETTO
Auprès de toi.
mon cœur oppressé retrouve sa joie.

GILDA
Oh, je vous aime tant, mon père !

RIGOLETTO
Tu es ma vie !
Sans toi, quel bonheur aurais-je sur la terre ?
Ah, ma fille !

Der Fürst, mein Gebieter, jung noch und mächtig
Immer scherzhaft, heiter,
Sagt mir oft, halb im Schlummer:
Narr komm’ her, mach’ mich lachen!
Und ich muß schnell gehorchen.
Tod und Haß, euch Höflingen!
Ihr mitleidlosen Spötter! Über euch der Hölle Plagen!
Wenn ich gottlos bin, Ihr habt die Schuld zu tragen.
Der alte Mann verfluchte mich!
Der Gedanke, warum, wenn er mich floh,
Kehrt er stets wieder?
Sollt’ er mir Unheil bringen?
O nein! Eitle Sorge!
(Er öffnet mit einem Schlüssel leise die Hoftür; Gilda
eilt die Trepe herab in seine Arme.)
Tochter!

GILDA
Mein Vater!

RIGOLETTO
Wenn ich dich sehe,
Wie fühl’ ich glücklich mich in deiner Nähe!

GILDA
O welche Liebe, mein Vater!

RIGOLETTO
Du bist mein Leben!
Welch’ anderes Glück kann die Erde mir geben?
O meine Tochter!

GILDA
Vous soupirez ? Qu‘est-ce qui vous tourmente tant ?
Dites-le à votre pauvre fille.
S’il y a un mystère, dissipez-le pour elle,
laissez-la connaître sa famille.

RIGOLETTO
Tu n’en as pas.

GILDA
Quel est votre nom ?

RIGOLETTO
Que t’importe ?

GILDA
Si vous ne voulez pas
me parler de vous...

RIGOLETTO (l’interrompant)
Il ne faut jamais sortir.

GILDA
Je ne vais qu’à l’église.

RIGOLETTO
Ah, tu fais bien.

GILDA
Si je ne dois pas savoir qui vous êtes,
dites-moi au moins qui était ma mère.

RIGOLETTO
Hélas, ne parle pas à un malheureux
du trésor qu’il a perdu.

GILDA
O du seufztest, was kann dich quälen?
Der Tochter magst du’s entdecken!
Wirst du denn ewig dich mir verhehlen?
Und von den Unsern nie mir erzählen?

RIGOLETTO
Wir stehen allein.

GILDA
Wie ist dein Name?

RIGOLETTO
O laß mich schweigen!

GILDA
So willst du nie
Mir Vertrauen zeigen?

RIGOLETTO (sie unterbrechend)
Du gehst nicht aus?

GILDA
Nur in die Kirche!

RIGOLETTO
So ist es gut!

GILDA
Willst du dich mir niemals nennen,
So laß die Mutter mich endlich kennen.

RIGOLETTO
Ach! Sprich nie mit einem Armen
Von dem verlorenen Glücke!

Cet ange, elle a eu
pitié de ma souffrance.
Seul, difforme, pauvre,
elle m’a aimé par compassion.
Elle est morte... que la terre légère,
recouvre cette tête chérie.
Toi seule, tu restes au malheureux...
Oh, que Dieu en soit loué !

GILDA (sanglotant)
Quelle douleur ! Qu’est-ce qui peut
faire couler des larmes aussi amères ?
Père, cessez, calmez-vous...
Ce spectacle me déchire...

RIGOLETTO
Toi seule, tu restes au malheureux, etc.

GILDA
Dites-moi votre nom,
et la douleur qui vous accable.

RIGOLETTO
Pourquoi me nommer ? C’est inutile !
Je suis ton père, cela suffit.
Il y a peut-être sur terre des gens qui me craignent,
et des gens dont j’ai éveillé la rancune.
D’autres me maudissent.

GILDA
Vous n’avez donc
ni patrie, ni parents. ni amis ?

Sie, ach, sie fühlt’ Erbarmen
Mit meinem Mißgeschicke.
Häßlich, verlassen, elend,
Rührt ich ihr sanftes Herz! Ach, sie ruht
Nun im Grabe, Leicht sei die Erde ihr,
Süß ihr der Todesschlummer!
Du bleibst allein mir in meinem Kummer,
Nimm, gütiger Gott, meinen Dank dafür!

GILDA (schluchzend)
Ach, welch bitterer Schmerz,
Zerreißt, o Vater, dein armes Herz!
Ich kann dein tiefes Leid nicht sehen,
Es läßt mich selbst im Schmerz vergehen.

RIGOLETTO
Du bleibst allein mir in meinem Kummer, usw.

GILDA
O sag’ mir deinen Namen,
Entdecke mir dein Leiden!

RIGOLETTO
Wozu mein Name, Was frommt er dir?
Genug, ich bin dein Vater!
Wenn manche mich beneiden,
Mich fürchten oder hassen,
So fluchen wieder andre mir!

GILDA
Heimat, Verwandte und Freunde,
Sie hätten dich verlassen?

RIGOLETTO
Une patrie ! Des parents, dis-tu ?
Ma religion, ma famille, ma patrie,
mon univers entier sont en toi !

GILDA
Ah, si je pouvais vous rendre heureux,
cela éclairerait mon existence !

RIGOLETTO
Ma religion, ma famille, etc.

GILDA
Voici trois mois que je suis ici,
et je n’ai pas encore vu la ville ;
si vous me le permettiez, je pourrais désormais...

RIGOLETTO
Jamais ! Jamais ! Dis-moi, es-tu jamais sortie ?

GILDA
Non.

RIGOLETTO
Prends garde !

GILDA (à part)
Qu’ai-je dit !

RIGOLETTO
Garde t’en bien !
(à part)
Ils pourraient la suivre, et même la ravir !
Ici, on déshonore la fille d’un bouffon
et on en rit... Horreur !

RIGOLETTO
Heimat, Verwandte und Freunde,
Mein Glaube, meine Verwandten, meine Heimat,
Ach, alles hab’ ich nur in dir.

GILDA
O kann dich das beglücken,
Welche Wonne schafft es mir.

RIGOLETTO
Mein Glaube, meine Verwandten, usw.

GILDA
Schon seit drei Monden, die nun verflossen,
Bin ich im Hause hier eingeschlossen.
Gern möcht’ ich einmal die Stadt besehen.

RIGOLETTO
Nein, nie! Du wagtest doch nicht auszugehen?

GILDA
Nein!

RIGOLETTO
Weh!

GILDA (beiseite)
Ach, was sagt’ ich?

RIGOLETTO
Du magst dich hüten.
(beiseite)
(Leicht wär’ es ihnen, ihr nachzuspüren,
Des Narren Tochter zu entführen.
Welch’ köstlicher Scherz für die Buben!)

libretto by B. Vierne
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