“Turandot”
by Giacomo Puccini libretto (French ⇄ German)
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La princesse Turandot (soprano dramatique) : Rosa Raisa Altoum, empereur de Chine, son père (ténor) Timur, roi de Tartarie en exil (basse) : Carlo Walter Calaf, le « prince inconnu », son fils (ténor lyrique) : Miguel Fleta Liú, jeune esclave, guide de Timur (soprano lyrique) : Maria Zamboni Ping, Grand Chancelier de Chine (baryton) Pang, Grand Maître des provisions (ténor) Pong, Grand Maître de la cuisine impériale (ténor) Un mandarin (baryton) Le Bourreau (basse) Le jeune prince de Perse (ténor) Un enfant (rôle muet) |
Turandot, Chinesische Prinzessin (Sopran) Altoum, Kaiser von China (Tenor) Timur, entthronter Tatarenkönig (Bass) Kalaf, sein Sohn, Prinz (Tenor) Liù, Sklavin (Sopran) Ping, Kanzler (Bariton) Pang, Marschall (Tenor) Pong, Küchenmeister (Tenor) Ein Mandarin (Bariton) Prinz von Persien (Tenor) Henker (stumme Rolle) Wachen, Gehilfen des Henkers, Knaben, Priester, Mandarine, die acht Weisen, Kammerfrauen, Diener, Soldaten, die Menge etc. (Chor) |
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Les murs de la grande Cité Violette (La Ville Impériale. De massifs remparts ferment presque toute la scène en demi-cercle. Seulement sur la droite ceux-ci sont rompus par une grande loggia sculptée et ajourée représentant des monstres, des licornes, des phénix, avec des pilastres soutenus par de lourdes tortues. Au pied de la loggia, soutenu par deux arcs, se trouve un gong de bronze très sonore. Sur les remparts, des pieux sur lesquels sont fichées les têtes des suppliciés. À gauche et dans le fond, trois portes gigantesques s’ouvrent dans les murs. Lorsque le rideau se lève, le crépuscule en est à sa phase la plus éclatante. Pékin, dont les lointains s’étagent, scintille d’une lumière dorée. Le palais est rempli d’une pittoresque foule chinoise, immobile, qui écoute les paroles d’un mandarin. Du haut du rempart où la garde tartare rouge et noire lui fait escorte, celui-ci lit un tragique décret.) UN MANDARIN Peuple de Pékin ! Voici la loi. Turandot, la pure, sera l’épouse De celui – pourvu qu’il soit de sang royal – Qui résoudra les trois énigmes Qu’elle lui proposera. Mais celui qui, ayant affronté le combat, Y sera vaincu, |
Die Mauern der Kaiserstadt (Die massigen Zinnen umschließen fast die ganze Szene. Rechts wird der Kreis durchbrochen von einem Laubengang voller Skulpturen und Schnitzereien, die Ungeheuer, Einhörner, Phönixe darstellen, während die Laubenpfeiler auf dem Rücken gewaltiger Schildkröten ruhen. Zu Füßen des Laubenganges ein gewaltiger bronzener Gong. Auf den Zinnen sieht man Pfähle, auf die die Köpfe der Hingerichteten gespießt sind. Links und im Hintergrund drei riesige Tore in der Mauer. Wenn sich der Vorhang hebt, geht die Sonne gerade unter. Das sich in der Ferne verlierende Peking glänzt wie in Gold gehüllt. Der Platz ist voll von malerischem chinesischem Volk, das bewegungslos den Worten eines Mandarins lauscht. Dieser verliest, auf einer hohen Brustwehr stehend und von roten und schwarzen tatarischen Wachen umgeben, einen Erlaß.) MANDARIN Höre, o Volk von Peking! Die Satzung lautet: Turandot, die Reine, eh’licht den Mann von königlichem Blut, der die drei Rätsel löst, die sie ihm aufgibt. Doch wer die Probe sucht und nicht besteht, |
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Verra tomber sa tête fière Sous la hache du bourreau. LA FOULE Ah ! Ah ! LE MANDARIN Le Prince de Perse Eut le sort contre lui ; Au lever de la lune Il doit mourir De la main du bourreau ! LA FOULE Qu’il meure, oui, qu’il meure ! Nous voulons le bourreau ! Vite, vite ! À mort, à mort ! Au supplice ! Si tu ne te montres pas Nous te réveillerons ! Pu-Tin-Pao ! Pu-Tin-Pao ! Au palais ! Au palais ! LES GARDES (repoussent la foule. Sous le heurt, beaucoup de gens tombent.) Arrière, chiens ! LA FOULE Oh ! barbares ! Arrêtez, au nom du Ciel ! LES GARDES Arrière, chiens ! |
soll fallen von der Hand des Henkers! DIE MENGE Oh! Oh! MANDARIN Der Prinz von Persien konnte die Rätsel nicht lösen: bei Mondesaufgang wird er durch die Hand des Henkers sterben! DIE MENGE Recht so! Er sterbe! Wir wollen nach dem Henker rufen! Schnell, schnell! Er sterbe, er sterbe! Auf zur Hinrichtung! Wenn du nicht kommst, so wecken wir dich auf! Pu-Tin-Pao! Pu-Tin-Pao! Zum Palaste, zum Palaste! DIE WACHEN (stoßen die Menge zurück. Viele Menschen fallen im Gedränge.) Zurück, ihr Hunde! DIE MENGE Oh, grausam! Haltet ein! DIE WACHEN Zurück ihr Hunde! |
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LA FOULE Ô mère ! Oh ! mes enfants ! Arrêtez, cruels ! Soyez humains. Ne nous faites pas de mal ! LIÙ Ce vieillard est tombé ! Qui m’aidera à le soutenir ? Ce vieillard est tombé ! Pitié ! pitié ! LE PRINCE INCONNU (accourt. Il reconnaît son père. Il pousse un cri.) Père ! mon père ! Ô père, je te retrouve ! Regarde-moi ! ce n’est pas un rêve ! LES GARDES Arrière ! LIÙ Mon seigneur ! LA FOULE Pourquoi nous frappez-vous ? hélas ! LE PRINCE INCONNU Père ! Écoute-moi ! Père, c’est moi ! Et bénie soit la douleur Pour cette joie que nous donne Un Dieu secourable. |
DIE MENGE O Mutter! Ach, meine Kinder! Ihr Grausamen, haltet ein! Seid menschlich! Tötet uns nicht! LIÙ Ach, mein Herr liegt am Boden! Wer hilft mir, ihn aufzurichten? Mein Herr liegt am Boden! Gnade, Gnade! DER UNBEKANNTE PRINZ (kommt hinzu und erkennt seinen Vater) Vater! Mein Vater! O, Vater, hab’ ich dich wieder! Sieh mich an! Es ist kein Traum! DIE WACHEN Zurück! LIÙ Mein Gebieter! DIE MENGE Warum, o Gott, schlagt ihr uns? DER UNBEKANNTE PRINZ Vater, so höre mich! Vater! Ich bin es! Sei mir gesegnet, Schmerz, um dieser Freude willen, die ein gnädiger Gott uns gab! |
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TIMUR Ô mon fils ! toi ! vivant ? LE PRINCE INCONNU Tais-toi ! Celui qui a usurpé ta couronne Me cherche et te poursuis ! Il n’est pas pour nous, mon père, D’asile en ce monde ! TIMUR Je t’ai cherché, mon fils, Et je t’ai cru mort ! LE PRINCE INCONNU Je t’ai pleuré, mon père, Et je baise ces mains sacrées !... TIMUR Ô mon fils retrouvé ! LA FOULE Voici les servants du bourreau. À mort ! à mort ! TIMUR La bataille une fois perdue, Vieux Roi sans royaume et en fuite, J’entendis une voix Qui me disait : « Viens avec moi, je serai ton guide... » C’était Liù ! LE PRINCE INCONNU Qu’elle soit bénie ! |
TIMUR O mein Sohn! Du lebst! DER UNBEKANNTE PRINZ Still, still! Der die Krone dir geraubt, der sucht mich und verfolgt dich! Es gibt keine Zuflucht für uns, Vater, auf der Welt! TIMUR Also fand ich den Sohn, den ich tot gewähnt! DER UNBEKANNTE PRINZ Ich habe dich beweint, Vater, und küsse deine heil’gen Hände! TIMUR Mein Sohn, ich hab’ dich wieder! DIE MENGE Seht die Knechte des Henkers! Er sterbe, er sterbe! TIMUR Die Schlacht verloren, bin ich ein alter König ohne Reich; nur eine Stimme hörte ich mir sagen: „Komm mit mir, ich will dich führen...“ Das war Liù! DER UNBEKANNTE PRINZ Sie sei gesegnet! |
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TIMUR Et je tombai épuisé ; Elle, elle essuyait mes larmes Et mendiait pour moi ! LE PRINCE INCONNU Liù, qui es-tu ? LIÙ Je ne suis rien... Une esclave, seigneur... LA FOULE (alentour) Tournez la meule ! Tournez la meule ! LE PRINCE INCONNU Et pourquoi as-tu partagé tant d’angoisses ? LIÙ Parce qu’un jour... dans le palais, Tu m’as souri. (Entre un groupe de servants du bourreau, précédé de porteurs de la meule destinée à aiguiser le grand cimeterre du bourreau.) LA FOULE Tourne la meule ! Tourne ! LES SERVANTS DU BOURREAU Graisse, aiguise, Que la lame fonce, fasse gicler Feu et sang ! Jamais le travail ne chôme Là où règne Turandot ! |
TIMUR Und als ich brach zusammen, da trocknete mir die Tränen sie und bettelte für mich! DER UNBEKANNTE PRINZ Liù, wer bist du? LIÙ Ich bin niemand... Eine Sklavin, mein Gebieter... DIE MENGE (hinter der Szene) Schleift das Messer! Schleift das Messer! DER UNBEKANNTE PRINZ Und warum hast du solche Not geteilt? LIÙ Weil ihr mir... einst im Schlosse zugelächelt. (Die Henkersknechte treten auf mit den Trägern des großen Steins, an dem das Richtschwert geschliffen wird.) DIE MENGE Schleift das Messer! Schleift! DIE HENKERSKNECHTE Ölt und schleift, daß die Schneide Blut und Funken sprühe! Herrlich ist für uns die Arbeit, wo Prinzessin Turandot regiert! |
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LA FOULE Là où règne Turandot ! Doux amants, approchez, approchez ! LES SERVANTS DU BOURREAU Avec pinces et couteaux Nous sommes tout prêts à broder Vos peaux ! LA FOULE Celui qui frappera ce gong La verra apparaître ! Blanche comme le jade, Froide comme cette lame Est la belle Turandot ! LES SERVANTS DU BOURREAU Quand le gong résonne Le bourreau se réjouit ! LA FOULE L’amour est vain Là où n’est pas la chance ! LA FOULE et LES SERVANTS Les énigmes sont trois, La mort est une, Quand le gong résonne, etc. (Pendant que les serviteurs s’éloignent pour porter au bourreau le cimeterre affilé, la foule scrute le ciel qui s’obscurcit graduellement.) LA FOULE Pourquoi la lune tarde-t-elle ? Visage pâle ! |
DIE MENGE Wo Prinzessin Turandot regiert! Ihr Freier, kommt nur weiter! DIE HENKERSKNECHTE Mit spitzen Haken und scharfen Messern sind wir jederzeit bereit, euch zu töten! DIE MENGE Wer den Gong ertönen läßt, dem erscheint sie sofort! Weiß wie Jade, kalt wie Stahl: das ist die schöne Turandot! DIE HENKERSKNECHTE Wenn der Gong ertönt, fühlt der Henker Freude! DIE MENGE Vergebens ist die Liebe, lächelt ihr kein Glück! MENGE und KNECHTE Die Rätsel sind drei, der Tod ist einer! Wenn der Gong ertönt, usw. (Als die Knechte dem Henker das geschliffene Schwert reichen, schaut die Menge zum Himmel, der sich langsam verfinstert.) DIE MENGE Warum geht der Mond nicht auf, der bleiche Geselle? |
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Apparais dans le ciel !... Vite, viens, apparais ! Ô tête coupée ! Ô blême ! Viens ! Ô exsangue, ô taciturne ! Ô blême amante des morts ! Combien les cimetières attendent Ta funèbre lueur ! Voilà qu’une lueur là-bas Viens, vite, etc. Voilà qu’une lueur là-bas Épand dans le ciel Sa lumière funèbre ! Pu-Tin-Pao ! La lune s’est levée ! ENFANTS Là-bas, sur les monts de l’est, La cigogne a chanté, Mais avril n’a pas refleuri, Mais la neige n’a pas fondu. Du désert à la mer N’entends-tu pas mille voix Soupirer : « Princesse, Descends vers moi ! Tout fleurira, Tout resplendira ! Ah !... » (Le cortège royal qui conduit à l’échafaud le jeune Prince de Perse apparaît. À la vue de la victime qui avance, pâle et comme dans un rêve, la férocité de la foule se change en pitié.) LA FOULE O adolescent ! Grâce ! grâce ! |
Zeige dich am Himmel! Eil dich, geh auf! Du Kopf ohne Glieder! Komm, du trister Geselle! Du Gott des Schweigens! Bleicher Buhle der Toten! Schon erwartet der Friedhof dein Totenlicht! Seht den fernen Schimmer, Eil dich, geh auf! usw. Seht den fernen Schimmer, seht ihn sich mehren in fahlem Licht! Pu-Tin-Pao! Der Mond geht auf! KNABEN Fern auf den östlichen Bergen klaget der Kranich sein Weh: Weiche dem Lenz, Winterfrost, Sonne, schmilz den weißen Schnee! Von der Wüste weit bis hin ans Meer seufzen tausend Herzen schwer: „O Prinzessin, still mein Weh! Dann blüht der Lenz, dann schmilzt der Schnee und alles blüht von neuem! Ah!...“ (Eine Gruppe von Männern führt den jungen persischen Prinzen aufs Schafott. Beim Anblick des verträumten Opfers verwandelt sich der Grimm des Volkes in Mitleid.) DIE MENGE O schöner Knabe! Gnade, Gnade! |
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Comme son pas est ferme ! Comme son visage est doux ! L’ivresse est dans ses yeux ! La joie est dans son cœur ! LE PRINCE INCONNU Ah ! grâce ! LA FOULE Pitié pour lui ! Pitié ! Princesse ! Grâce ! Pitié ! LE PRINCE INCONNU Que je te voie pour te maudire ! Cruelle ! LA FOULE Princesse ! Pitié ! etc. (Le peuple est tourné vers la loggia où doit se montrer Turandot. Elle apparaît, telle une vision. Un rayon de lune l’enveloppe. La foule se prosterne. Seuls restent debout le Prince de Perse, le Prince Inconnu et le bourreau. Turandot fait un geste définitif et impérieux. C’est la condamnation. Le cortège se met en marche.) Princesse ! Pitié ! Grâce ! etc. LE PRINCE INCONNU (est comme fasciné par la vision de Turandot.) Ô beauté divine ! ô merveille ! Ô rêve ! (Le cortège est sorti.) |
Wie fest ist sein Schritt! Wie süß ist sein Antlitz! Seine Augen sind trunken von Wonne und Freude! DER UNBEKANNTE PRINZ Gnade, Gnade! DIE MENGE Gnade für ihn! Gnade! Prinzessin, Gnade, Gnade! DER UNBEKANNTE PRINZ Sehen will ich diese Frau und verfluchen die Unbarmherzige! DIE MENGE Prinzessin, Gnade für ihn, Gnade! usw. (Die Menge starrt auf die Kaiserlaube, in der Turandot erscheinen wird. Sie tritt auf, als wäre es eine Vision. Ein Mondstrahl fällt auf sie. Die Menge sinkt nieder. Nur der persische Prinz, der unbekannte Prinz und der Henker bleiben stehen. Turandot macht eine gebieterische und abweisende Geste: das Todesurteil. Der Zug setzt sich in Bewegung.) Prinzessin, Gnade für ihn, Gnade! usw. DER UNBEKANNTE PRINZ (gebannt von der Erscheinung Turandots) O göttliche Schönheit, o Wunder, o Traum! (Der Zug ist verschwunden.) |
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LES PRÊTRES BLANCS Ô grand Kouang-tzé ! Puisse l’esprit du mourant Arriver jusqu’à toi ! (Dans la pénombre de la grande esplanade déserte, seuls restent le Prince, Timur et Liù. Le père s’approche avec inquiétude de son fils, l’appelle, le secoue.) TIMUR Fils, que fais-tu ? LE PRINCE INCONNU Ne sens-tu pas ? Son parfum est dans l’air ! Et dans l’âme ! TIMUR Tu te perds ! LE PRINCE INCONNU Ô divine beauté, ô merveille ! Je souffre, père, je souffre ! TIMUR Non ! Non ! Viens près de moi ! Liù, toi, parle-lui ! Ici, il n’est pas de salut ! Prends dans ta main Sa main ! LIÙ Seigneur ! Allons... au loin ! |
WEISSE PRIESTER Großer Kuang-Tse! Möge des Opfers Seele zu dir schweben! (Auf dem halbdunklen Platz bleiben nur der Prinz, Timur und Liù zurück. Der von Angst erfüllte Vater tritt zum Sohne, ruft ihn an, schüttelt ihn.) TIMUR Mein Sohn, was tust du? DER UNBEKANNTE PRINZ Fühlst du nicht, wie ihr süßer Duft durchdringet Luft und Seele? TIMUR Du bist verloren! DER UNBEKANNTE PRINZ O göttliche Schönheit, o Wunder! Ich leide, Vater, leide! TIMUR Nein! Schmieg dich an mich! Liù, sprich zu ihm! Führ ihn fort von hier! Nimm ihn fest bei der Hand, so daß er dir folge! LIÙ Gebieter, laß uns von hier gehen! |
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TIMUR Là-bas est la vie ! LE PRINCE INCONNU Ici est la vie, mon père ! TIMUR Là-bas est la vie ! LE PRINCE INCONNU Je souffre, père, je souffre ! TIMUR Ici, il n’est pas de salut ! LE PRINCE INCONNU La vie est ici, mon père ! Turandot ! Turandot ! Turandot ! LE PRINCE DE PERSE (au dehors) Turandot ! LA FOULE Ah ! TIMUR Veux-tu mourir ainsi ? LE PRINCE INCONNU La vaincre, père, Dans sa beauté ! TIMUR Veux-tu finir ainsi ? |
TIMUR Nur fern von hier ist Heil! DER UNBEKANNTE PRINZ Hier allein ist das Leben, Vater! TIMUR Nur fern von hier ist Heil! DER UNBEKANNTE PRINZ Ich leide, Vater, leide! TIMUR Das Heil ist nicht hier! DER UNBEKANNTE PRINZ Das Leben, Vater, ist hier! Turandot! Turandot! Turandot! DER PERSISCHE PRINZ (hinter der Szene) Turandot! DIE MENGE Ah! TIMUR Willst du so sterben? DER UNBEKANNTE PRINZ Siegen, Vater, um ihrer Schönheit willen! TIMUR Willst du so enden? |
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LE PRINCE INCONNU La vaincre glorieusement Dans sa beauté ! (Il s’élance contre le gong. Mais soudain, entre lui et le disque lumineux se dressent trois mystérieux personnages : Ping, Pang et Pong, les trois ministres de l’Empereur, plus précisément le Grand Chancelier, le Grand Pourvoyeur, le Grand Cuisinier. Le Prince Inconnu recule.) LES MINISTRES Arrête ! Que fais-tu ? Arrête ! Oui es-tu ? Que fais-tu ? Que veux-tu ? Va-t-en ! Va ! ici est la porte Du grand charnier. Fou, va-t-en ! Ici on étrangle ! On hache ! On égorge ! On écorche ! On déchire et on mutile ! On scie et on éventre ! Vite, sans tarder, Retourne à ton pays À la recherche d’un poteau Sur lequel briser tes cornes ! Mais pas ici, pas ici ! Fou, va-t-en ! LE PRINCE INCONNU Laissez-moi passer ! |
DER UNBEKANNTE PRINZ Glorreich siegen um ihrer Schönheit willen! (Er stürzt auf den Gong zu. Aber plötzlich treten drei geheimnisvolle Masken zwischen ihn und den Gong: Ping, Pang und Pong, die drei Minister des Kaisers: Kanzler, Marschall und Küchenmeister. Der unbekannte Prinz weicht zurück.) DIE MINISTER Nimm dich in acht, Verwegener! Was willst du hier bei uns? Geh weiter, weiter, weiter! Das ist viel gescheiter! Mach, daß du fortkommst! Hier wird man dich nur schlagen, dich martern, dich foltern! Hier geht’s dir ans Leben! Geh weg, geh weg! Wir sehn dich schon gebunden und jämmerlich zerschunden! Am Ende bist du lebensmüde? So geh in dein Heimatland und hänge dich da auf! Nur nicht hier! Nur nicht hier! Nur nicht hier! Geh fort von hier! DER UNBEKANNTE PRINZ Gebt mir den Weg frei! |
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PONG Ici tous les cimetières sont occupés. PANG Ici les fous indigènes suffisent. PONG Nous ne voulons plus de fous étrangers ! PONG et PANG Tu vas fuir, ou bien ton enterrement S’apprête ! LE PRINCE INCONNU Laissez-moi passer ! PONG ET PANG Pour une Princesse ! Peuh ! PONG Qu’est-elle ? PANG Une femme avec une couronne sur la tête ! PONG Et un manteau à frange ! PING Mais si tu la déshabilles... PONG C’est de la chair ! |
PONG Unsere Friedhöfe haben keinen Platz mehr! PANG Fremde Narren brauchen wir nicht! PING An den eigenen haben wir genug! PONG und PANG Lauft fort, sonst wird dein Grabmal schon bereitet! DER UNBEKANNTE PRINZ Gebt mir den Weg frei! PONG und PANG Für eine Prinzessin, pah! PONG Was ist das schon? PANG Eine Frau mit einer Krone im Haar! PONG Mit einem Mantel aus Perlen! PING Doch wenn du sie entkleidest... PONG ... ist es Fleisch! |
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PANG C’est de la chair crue ! LES MINISTRES C’est une denrée qu’on ne mange pas ! Ah ! ah ! ah ! LE PRINCE INCONNU Laissez-moi passer ! PING Laisse là les femmes ! Ou bien prends cent épouses, car, au fond, La plus sublime Turandot Du monde a un visage, Deux bras et deux jambes, oui, Belles, impériales, oui, oui, Belles, oui, mais des jambes tout de même ! Avec cent épouses, ô nigaud, Tu auras des jambes à n’en savoir que faire ! Deux cents bras, Et cent poitrines douces Éparses dans cent lits ! LES MINISTRES Dans cent lits ! Ah ! ah ! LE PRINCE INCONNU Laissez-moi passer ! LES MINISTRES Fou ! va-t-en ! va-t-en ! (Un groupe de servantes se penche sur la balustrade de la loggia : elles tendent les mains.) |
PANG Ist es pures Fleisch! DIE MINISTER Den Stoff kann man nicht essen, ha, ha, ha! DER UNBEKANNTE PRINZ Gebt mir den Weg frei! PING Sei doch vernünftig! Nimm lieber hundert Frauen, denn schließlich hat die schönste Turandot der Welt nichts als ein Gesicht, zwei Arme und zwei Beine! Herrlich, kaiserlich, aber nur zwei Beine! Drum nimm dir hundert Frauen, so hast du was zu schauen, so kannst du hundertfach dich letzen, dich hundertfach ergötzen und voller Inbrunst nippen wohl an zweihundert Lippen! DIE MINISTER Für hundert Betten eins? Ha, ha! DER UNBEKANNTE PRINZ Gebt mir den Weg frei! DIE MINISTER Fort von hier, pack dich! (Eine Gruppe junger Mädchen zeigt sich an der Brüstung der Schloßgalerie; sie strecken die Hände beschwichtigend vor.) |
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LES SERVANTES Holà ! silence ! Qui parle là-bas ? Silence ! C’est l’heure très douce Du sommeil ! Le sommeil effleure les yeux ! Il embaume pour elle l’obscurité. LES MINISTRES Hors d’ici, femmes bavardes ! (Les jeunes filles se retirent) Attention au gong ! LE PRINCE INCONNU Il embaume pour elle l’obscurité ! LES MINISTRES Regarde-le, Pong ! Regarde-le, Ping ! Regarde-le, Pang ! Il est abasourdi, hébété ! Halluciné ! TIMUR Il ne les écoute plus, hélas ! LES MINISTRES Allons ! Parlons-lui tous trois ! Nuit sans lumignon... ... Âtre noir d’une cheminée... Sont plus clairs Que les énigmes de Turandot ! Fer, bronze, mur, roche... ... Ta caboche obstinée... |
DIE KAMMERMÄDCHEN TURANDOTS Was soll der Lärm? Wer spricht da unten? O schweiget, schweiget! Die süße Schlafzeit ist gekommen. Sie schläft, und ihr Duft schwebt durch die Nacht! DIE MINISTER Macht euch fort, Schwatzbasen! (Die Mädchen ziehen sich zurück.) Gebt acht auf den Gong! DER UNBEKANNTE PRINZ Und ihr Duft schwebt durch die Nacht! DIE MINISTER Aufgemerkt, Pong! Aufgemerkt, Ping! Aufgemerkt, Pang! Er hört nicht mehr, ist trunken, in Wahn versunken! TIMUR Er hört nicht auf sie – o Gott! DIE MINISTER Auf! Ein letzter Versuch! Finstere Nacht... tiefer Schacht einer Zisterne... sind heller noch als die Rätsel Turandots! Eisen, Bronze, Mauer, Felsen... ... selbst dein harter Narrenschädel... |
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Sont moins durs Que les énigmes de Turandot ! Ainsi, va-t-en ! Salue tout le monde ! Franchis les montagnes, traverse les flots ! Tiens-toi loin Des énigmes de Turandot ! (Le Prince n’a presque plus la force de réagir. Mais soudain des appels incertains, non pas des voix mais des ombres de voix, se répandent à travers l’obscurité des remparts. Ça et là, à peine perceptibles, puis au fur et à mesure plus livides et phosphorescents apparaissent les fantômes. Ce sont les amoureux de Turandot qui, ayant été vaincus dans la tragique épreuve, ont perdu la vie.) LES FANTÔMES Ne tarde pas ! Si tu appelles, celle qui, même morts, Nous fait rêver, apparaîtra ! Fais qu’elle parle ! Fais que nous l’entendions ! Je l’aime ! je l’aime ! LE PRINCE INCONNU Non ! Non ! Moi seul, je l’aime ! LES MINISTRES Tu l’aimes ? Quoi ? Qui ? Turandot ? Ah ! ah ! ah ! PONG Ô jeune dément ! |
sind viel weicher, als die Rätsel Turandots! So geh von uns! Nimm Abschied von hier! Zieh über Berge, schwimm durch Ströme! Geh weit fort von den Rätseln Turandots! (Der Prinz kann beinahe nicht mehr Widerstand leisten. Auf der Ringmauer erscheinen und verschwinden die Schatten der für Turandot Gestorbenen. Ihre Stimmen hört man geheimnisvoll, wie von ferne. Sie stoßen langgezogene Töne aus und halten die Hände wie Muscheln vor den Mund, so daß ein schauerliches Geräusch entsteht) DIE STIMMEN DER ERMORDETEN Säume nicht länger! Wenn du sie rufst, wird sie erscheinen, sie, von der wir noch nach dem Tode träumen! Du mußt sie beschwören! Ich liebe sie! Ich liebe sie! DER UNBEKANNTE PRINZ Nein, nein! Ich allein liebe sie! DIE MINISTER Du liebst sie? Was, wen? Turandot? Ha, ha, ha! PONG O dummer Geselle! |
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PANG Turandot n’existe pas ! PING Seul existe le Néant Dans lequel tu t’annihiles !... PONG ET PANG Turandot n’existe pas ! PING Turandot ! Comme tous les autres nigauds Tes pareils ! L’homme ! le Dieu ! Moi ! Les peuples ! Les souverains... Pu-Tin-Pao... LES MINISTRES Seul existe le Tao ! LE PRINCE INCONNU À moi le triomphe ! À moi l’amour ! (Il veut s élancer vers le gong, mais le bourreau apparaît au haut du bastion, portant la tête coupée du Prince de Perse.) LES MINISTRES Pauvre fou ! Voilà l’amour ! Ainsi la lune baisera Ton visage ! TIMUR O mon fils, veux-tu donc que tout seul, Que tout seul je traîne par le monde Ma vieillesse torturée ? |
PANG Turandot existiert nicht! PING Nur das Nichts existiert, in das du dich wirfst!... PONG und PANG Turandot existiert nicht! PING Turandot! Du bist wie jene Narren, die für sie ihr Leben gaben! Der Mensch, Gott, das Ich! Die Völker, Könige.. Pu-Tin-Pao... DIE MINISTER Nur das Tao existiert! DER UNBEKANNTE PRINZ Mir der Sieg! Mir die Liebe! (Er will sich auf den Gong stürzen, als auf der Ringmauer der Henker mit dem Kopf des persischen Prinzen in der Hand erscheint.) DIE MINISTER Narr! So sieht deine Liebe aus! So wird der Mond dich küssen! TIMUR Mein Sohn, so ließest du wirklich zu, daß dein Vater allein durch die Welt sein gebrechliches Greisentum schleife? |
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Au secours ! N’est-il pas une voix humaine Qui puisse toucher ton cœur féroce ? LIÙ (s’approche du Prince en pleurant.) Seigneur, écoute-moi ! Ah ! seigneur, écoute ! Liù ne se soutient plus ! Son cœur se brise ! Hélas ! hélas ! quel long chemin parcouru Avec ton nom dans le cœur, Avec ton nom sur les lèvres ! Mais si ton destin Demain doit se briser, Nous mourrons sur la route de l’exil ! Lui perdra son fils... Moi... l’ombre d’un sourire ! Liù ne se soutient plus ! Ah ! pitié ! LE PRINCE INCONNU Ne pleure pas, Liù ! Si un jour lointain Je t’ai souri, Par ce sourire, Ma douce enfant, Écoute-moi : peut-être ton maître Sera demain seul au monde... Ne l’abandonne pas, Emmène-le avec toi ! LIÙ Nous mourrons sur la route de l’exil ! TIMUR Nous mourrons ! |
Zu Hilfe! Vermag es denn niemand, den grausamen Sinn dir zu rühren? LIÙ (nähert sich weinend dem Prinzen.) Hör mich an, o Herr! Ach, ich bitt’ dich: höre! Liù erträgt das nicht! Nach soviel Sehnsucht und endlosem Wandern, im Herzen deinen Namen und auf den Lippen! Wenn sich dein Schicksal morgen wird entscheiden, bringt’s dir den Tod und bittres Leid uns beiden: Weil er den Sohn verliert... und ich... den Schatten eines Lächelns! Liù erträgt das nicht! Oh! Dies Leid! DER UNBEKANNTE PRINZ O weine nicht, Liù! Wenn einst vor langer Zeit ich dir hab’ zugelächelt: um dieses Lächelns willen hör mich an, o Mägdlein. Dein alter, treuer Herr wird vielleicht morgen auf der Welt allein sein. Verlaß ihn niemals, niemals, Liù! LIÙ Bittrer Tod, fern vom Heimatland! TIMUR Bittrer Tod! |
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